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Gérard CLAUDET
pourrait cultiver sur la superficie agricole dévolue à la jachère (15% avec prévision
de croissance) ;
parmi les déchets, dont notre société a, par ailleurs, de grandes difficultés à se
défaire, on peut envisager d'utiliser la biomasse qui revient en fin de cycle, comme
les bois, papiers ou cartons usagés, mais aussi des résidus de l'industrie agroalimentaire comme les trop célèbres farines animales.
On estime que, pour la France métropolitaine, la ressource de biomasse ligno-cellulosique mobilisable est la plus importante parmi les pays européens et pourrait fournir 15% (40 Mtep/an) de la consommation actuelle d'énergie primaire.
En se limitant au seul potentiel de sa production annuelle, la biomasse représente
donc bien la plus abondante source d'énergie renouvelable dans notre pays.
Aucune des énergies renouvelables ne sera, à elle seule, suffisante pour satisfaire nos besoins.
On devra tout au mieux additionner leurs potentiels, en veillant soigneusement à privilégier, pour chacune, les applications les mieux appropriées.
13.3. LES FILIÈRES DE VALORISATION ÉNERGÉTIQUE
DE LA BIOMASSE
Bien que se présentant sous des aspects relativement différents, les produits de la
photosynthèse ont des compositions assez comparables, avec comme constituants
principaux le carbone, l'hydrogène et l'oxygène, dans des proportions équivalentes
à C 6 H 9 O 4 , fonction du degré hygrométrique.
L'énergie de la biomasse peut être récupérée selon les quatre principales voies suivantes que l'on va décrire succinctement, avant de les analyser plus en détails :
la plus courante, la combustion (ou l’incinération) produit essentiellement de la
chaleur à un niveau de température qui est limité, vers 650°C, par la présence
dans les fumées de l’azote introduit avec l’air et de vapeurs acides ou de goudrons condensables, qui donnent lieu à des phénomènes de corrosion.
Dans ces conditions, la cogénération d'électricité et de chaleur, au moyen d'un
cycle à vapeur, ne permet d'obtenir que 25% d'électricité et 75% de chaleur,
laquelle est un complément économiquement difficile à valoriser dans notre
contexte national.
La deuxième voie possible est la méthanisation, réalisée par la fermentation anaérobie, c'est-à-dire la décomposition par action bactérienne en absence d'air de substances très humides comme les algues, les déjections animales ou les déchets
ménagers.
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