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Pierre BACHER & Bernard TARDIEU
dans le cas des barrages en terre, ou de berges des canaux d'amenée, le risque
d’érosion interne et d'apparition de renards, capables de dégénérer rapidement
en rupture de l'ouvrage.
Les conséquences d'une rupture de barrage (ou de canal) pourraient être dramatiques pour les installations et les populations qui se trouvent en aval. Aussi des précautions très importantes sont-elles prises pour assurer la surveillance des points
sensibles (surveillance géologique des terrains, visites périodiques des ouvrages par
des experts, détection d'infiltrations d'eau) et des plans d'urgence préparés pour
assurer, dans les meilleures conditions, l'évacuation des populations concernées
en cas d'alerte.
Malgré tout, même s'ils sont rares, des accidents arrivent : en Europe, le barrage
de Malpasset dont la rupture en 1959 a entraîné l'inondation de la région de Fréjus,
et le barrage de Vajont en Italie du Nord. Les effets de pluies intenses et de crues
supérieures à ce qui était prévu ont causé la grande majorité des accidents de barrages en terre. A Malpasset, c'est la rupture de la fondation en rive gauche qui a
été la cause de la rupture brutale du barrage. A Vajont, un glissement majeur de
terrain en rive gauche a créé une vague deux fois plus haute que le barrage. Dans
le monde, sur les milliers de barrages existants (dont la majorité est à finalité agricole ou d'écrêtage des crues), il y a en moyenne un accident par an ; pour les grands
ouvrages destinés à la production d'électricité, peut-être parce qu'ils font l'objet
d'une surveillance très stricte, la probabilité d'accident est extrêmement faible.
12.3.4. GRANDE HYDRAULIQUE ET RÉSEAU DE TRANSPORT D'ÉLECTRICITÉ
LE TRANSPORT DE L'ÉLECTRICITÉ
Les grands ouvrages hydrauliques sont réalisés là où c'est possible, et ne sont pas
nécessairement à proximité des lieux de consommation. De nombreux cas de figure
se présentent, mais nous n'en retiendrons que trois particulièrement représentatifs :
Insertion dans un réseau important très haute tension (THT)
En Europe occidentale, et notamment en France, les distances entre les zones
de montagne et les lieux de consommation sont certes importantes, mais le
réseau THT a progressivement été renforcé et la production hydraulique est écoulée directement dans ce réseau. Cette situation se retrouve, à quelques notables
exceptions près, dans la plupart des pays industriels. L’acceptation sociale des
lignes THT et leur sensibilité aux vents extrêmes peut conduire les pays riches à
développer les lignes enterrées dont le coût est sensiblement plus élevé.
Transport de l'électricité à grande distance en courant continu
Dans quelques cas, les capacités de production sont à la fois très importantes
et très éloignées des lieux de consommation. C'est le cas notamment au Québec
et au Brésil. Dans ces deux cas, le transport à grande distance doit se faire en
Pierre BACHER & Bernard TARDIEU
dans le cas des barrages en terre, ou de berges des canaux d'amenée, le risque
d’érosion interne et d'apparition de renards, capables de dégénérer rapidement
en rupture de l'ouvrage.
Les conséquences d'une rupture de barrage (ou de canal) pourraient être dramatiques pour les installations et les populations qui se trouvent en aval. Aussi des précautions très importantes sont-elles prises pour assurer la surveillance des points
sensibles (surveillance géologique des terrains, visites périodiques des ouvrages par
des experts, détection d'infiltrations d'eau) et des plans d'urgence préparés pour
assurer, dans les meilleures conditions, l'évacuation des populations concernées
en cas d'alerte.
Malgré tout, même s'ils sont rares, des accidents arrivent : en Europe, le barrage
de Malpasset dont la rupture en 1959 a entraîné l'inondation de la région de Fréjus,
et le barrage de Vajont en Italie du Nord. Les effets de pluies intenses et de crues
supérieures à ce qui était prévu ont causé la grande majorité des accidents de barrages en terre. A Malpasset, c'est la rupture de la fondation en rive gauche qui a
été la cause de la rupture brutale du barrage. A Vajont, un glissement majeur de
terrain en rive gauche a créé une vague deux fois plus haute que le barrage. Dans
le monde, sur les milliers de barrages existants (dont la majorité est à finalité agricole ou d'écrêtage des crues), il y a en moyenne un accident par an ; pour les grands
ouvrages destinés à la production d'électricité, peut-être parce qu'ils font l'objet
d'une surveillance très stricte, la probabilité d'accident est extrêmement faible.
12.3.4. GRANDE HYDRAULIQUE ET RÉSEAU DE TRANSPORT D'ÉLECTRICITÉ
LE TRANSPORT DE L'ÉLECTRICITÉ
Les grands ouvrages hydrauliques sont réalisés là où c'est possible, et ne sont pas
nécessairement à proximité des lieux de consommation. De nombreux cas de figure
se présentent, mais nous n'en retiendrons que trois particulièrement représentatifs :
Insertion dans un réseau important très haute tension (THT)
En Europe occidentale, et notamment en France, les distances entre les zones
de montagne et les lieux de consommation sont certes importantes, mais le
réseau THT a progressivement été renforcé et la production hydraulique est écoulée directement dans ce réseau. Cette situation se retrouve, à quelques notables
exceptions près, dans la plupart des pays industriels. L’acceptation sociale des
lignes THT et leur sensibilité aux vents extrêmes peut conduire les pays riches à
développer les lignes enterrées dont le coût est sensiblement plus élevé.
Transport de l'électricité à grande distance en courant continu
Dans quelques cas, les capacités de production sont à la fois très importantes
et très éloignées des lieux de consommation. C'est le cas notamment au Québec
et au Brésil. Dans ces deux cas, le transport à grande distance doit se faire en
