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Pierre BACHER & Bernard TARDIEU
frayage 1 , en permettant aux poissons de remonter la rivière jusqu'à elles, et en laissant une quantité suffisante d'eau emprunter le cours normal de la rivière. Il est également essentiel que l'eau qui est turbinée poursuive sa route vers son exutoire
normal : les modifications de l'environnement proviennent plutôt de prélèvements
importants effectués pour d'autres usages que la production d'électricité, notamment l'irrigation ; l'exemple le plus connu est celui des fleuves qui débouchent dans
la mer d'Aral et y arrivent pratiquement exsangues, ce qui a eu pour effet de provoquer un assèchement de cette mer intérieure. Ceci est d'autant plus absurde que
le mauvais drainage des terres agricoles a conduit à gâcher l'eau d'irrigation sans
bénéfice agricole.
Un des principaux avantages de l'énergie hydraulique, énergie renouvelable, est
que, dans la plupart des cas, elle ne rejette pas de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Si les 20% d'électricité d'origine hydraulique étaient produits dans des centrales à charbon, les rejets de CO 2 dans l'atmosphère seraient majorés de 500 à
600 mégatonnes de carbone contenu (600 MtC), alors qu'ils sont déjà beaucoup
trop élevés 2 . Dans certains cas, cet avantage risque d'être compensé, au moins de
façon transitoire, par des rejets de méthane, gaz à effet de serre plus « efficace »
que le CO 2 , mais à durée de vie plus courte. Lorsque la retenue de l'aménagement
hydraulique couvre une importante zone à forte végétation 3 , la décomposition des
matières végétales produit du méthane rejeté dans l'atmosphère et consomme
l'oxygène contenu dans l'eau qui peut devenir impropre à la vie aquatique. Ce genre
de situation est susceptible de se rencontrer dans les zones tropicales avec des
retenues de faible profondeur, et nécessite des mesures particulières de protection de l'environnement 4 . Ces problèmes ont en général un caractère transitoire.
POUR LA SANTÉ
L'énergie hydraulique a été dans de nombreux pays, et notamment en Europe, le
premier moyen de produire des quantités importantes d'électricité. En France, dès
1960, l'électricité hydraulique, avec 40 TWh, représentait près de 60% de la production. C'est dire que l'énergie hydraulique a très fortement contribué au redressement économique du pays et, par là même, à l'amélioration de la santé.
1 Un large débat est ouvert aux Etats-Unis à propos de la Columbia River et de son affluent la Yellowstone River, très largement aménagés, car les frayères auraient presque entièrement disparu. Au
point que certains mouvements écologistes demandent le démantèlement de certains barrages.
2 Certains auteurs se réfèrent à la masse de CO 2 émis, d’autres, et ce sont les plus nombreux, à la
masse de carbone contenu dans le CO 2 émis. C’est cette unité que nous utilisons ici : la masse de
carbone contenu dans le CO 2 est 12/44 de la masse totale de CO 2 .
3 Une déforestation, souvent difficile, ne suffit pas. Les troncs d'arbre noyés sous une épaisseur d'eau
notable sont inertes. En revanche, les rejets verts et les sols à forte composante végétale évoluent
rapidement, comme on le constate dans les marais et les zones humides, fortes émettrices de CH 4
(les feux follets).
4 Ceci a été le cas pour l'aménagement de Petit-Saut, en Guyane française, où il a fallu aérer l'eau en
aval du barrage pour y restaurer une vie aquatique normale.
Pierre BACHER & Bernard TARDIEU
frayage 1 , en permettant aux poissons de remonter la rivière jusqu'à elles, et en laissant une quantité suffisante d'eau emprunter le cours normal de la rivière. Il est également essentiel que l'eau qui est turbinée poursuive sa route vers son exutoire
normal : les modifications de l'environnement proviennent plutôt de prélèvements
importants effectués pour d'autres usages que la production d'électricité, notamment l'irrigation ; l'exemple le plus connu est celui des fleuves qui débouchent dans
la mer d'Aral et y arrivent pratiquement exsangues, ce qui a eu pour effet de provoquer un assèchement de cette mer intérieure. Ceci est d'autant plus absurde que
le mauvais drainage des terres agricoles a conduit à gâcher l'eau d'irrigation sans
bénéfice agricole.
Un des principaux avantages de l'énergie hydraulique, énergie renouvelable, est
que, dans la plupart des cas, elle ne rejette pas de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Si les 20% d'électricité d'origine hydraulique étaient produits dans des centrales à charbon, les rejets de CO 2 dans l'atmosphère seraient majorés de 500 à
600 mégatonnes de carbone contenu (600 MtC), alors qu'ils sont déjà beaucoup
trop élevés 2 . Dans certains cas, cet avantage risque d'être compensé, au moins de
façon transitoire, par des rejets de méthane, gaz à effet de serre plus « efficace »
que le CO 2 , mais à durée de vie plus courte. Lorsque la retenue de l'aménagement
hydraulique couvre une importante zone à forte végétation 3 , la décomposition des
matières végétales produit du méthane rejeté dans l'atmosphère et consomme
l'oxygène contenu dans l'eau qui peut devenir impropre à la vie aquatique. Ce genre
de situation est susceptible de se rencontrer dans les zones tropicales avec des
retenues de faible profondeur, et nécessite des mesures particulières de protection de l'environnement 4 . Ces problèmes ont en général un caractère transitoire.
POUR LA SANTÉ
L'énergie hydraulique a été dans de nombreux pays, et notamment en Europe, le
premier moyen de produire des quantités importantes d'électricité. En France, dès
1960, l'électricité hydraulique, avec 40 TWh, représentait près de 60% de la production. C'est dire que l'énergie hydraulique a très fortement contribué au redressement économique du pays et, par là même, à l'amélioration de la santé.
1 Un large débat est ouvert aux Etats-Unis à propos de la Columbia River et de son affluent la Yellowstone River, très largement aménagés, car les frayères auraient presque entièrement disparu. Au
point que certains mouvements écologistes demandent le démantèlement de certains barrages.
2 Certains auteurs se réfèrent à la masse de CO 2 émis, d’autres, et ce sont les plus nombreux, à la
masse de carbone contenu dans le CO 2 émis. C’est cette unité que nous utilisons ici : la masse de
carbone contenu dans le CO 2 est 12/44 de la masse totale de CO 2 .
3 Une déforestation, souvent difficile, ne suffit pas. Les troncs d'arbre noyés sous une épaisseur d'eau
notable sont inertes. En revanche, les rejets verts et les sols à forte composante végétale évoluent
rapidement, comme on le constate dans les marais et les zones humides, fortes émettrices de CH 4
(les feux follets).
4 Ceci a été le cas pour l'aménagement de Petit-Saut, en Guyane française, où il a fallu aérer l'eau en
aval du barrage pour y restaurer une vie aquatique normale.
