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Jean LAHERRÈRE
A. NIKIFORUK (2001) estime qu’en 2010 25% du gaz produit en Alberta sera utilisé
pour chauffer l’eau utilisée pour fondre le bitume des sables de l’Athabaska. Ceci
sera au détriment de l’exportation vers les Etats-Unis.
HUILES EXTRA-LOURDES : ORÉNOQUE
Les huiles extra-lourdes sont plus lourdes que l’eau, comme les sables bitumineux,
mais sont moins visqueuses et peuvent être produites actuellement grâce aux progrès techniques, avec des puits horizontaux, sans utiliser la vapeur mais des pompes à cavité progressive (c’est-à-dire des puits conventionnels).
Les ressources dites récupérables étaient estimées à 300 Gb [PERRODON et al., 1998],
mais PDVSA (MORITIS, 2001) vient de réduire l’estimation à la fourchette 100-300 Gb,
à la suite des puits de développement de Petrozuata and Sincor qui ont révélé que
la géologie était très importante, car certains réservoirs (fluviatiles) sont plus productifs que d’autres (deltaïques), et les réservoirs sont beaucoup plus hétérogènes que
prévus.
SCHISTES BITUMINEUX
Malgré cette dénomination, ce ne sont ni des schistes (roches métamorphiques),
ni du bitume (résultat d’une mauvaise traduction du terme anglais oil shales), mais
des roches sédimentaires, la plupart argileuses, parfois carbonatées, riches en
matière organique (2,5 à 10%). Ce sont des roches mères immatures (début du
cycle de la formation du pétrole avant sa génération), nécessitant une pyrolyse vers
500°C pour générer du pétrole, ils sont à classer dans les charbons et non dans les
hydrocarbures.
Ces schistes ont été utilisés depuis longtemps, en France avec les schistes d’Autun
en 1838, en Ecosse, Australie, Russie et Chine, et récemment en ex-URSS, comme
combustibles dans des centrales. Des nombreux essais aux Etats-Unis (Green River)
et ailleurs (par extraction ou in situ) ont montré que l’obtention de pétrole à partir
de ces roches mères immatures n’est pas économique, il faut plus d’énergie pour
le produire que celle contenue dans le pétrole produit (le prix du pétrole n’a donc
pas d’importance), en plus des problèmes d’environnement quasiment insurmontables (déchets de « fines » doubles en volume et difficiles à stocker) et d’approvisionnement en eau.
La dernière tentative a été celle de Stuart oil shale, en Australie (projet de 2 G$ pour
85 000 b/j en 2008, avec 422 Mb de réserves), par le Canadien Suncor (producteur
de sables bitumineux d’Athabaska, avec 115 000 b/j en 2000) et elle vient de s’arrêter en octobre 2001 après une production de seulement 2500 b/j pendant 23 jours.
Comme le dit YOUNGQUIST, « ce sera toujours l’énergie du futur » (comme sur la
devanture d’un coiffeur, « ici, demain on rase gratis»)...
Jean LAHERRÈRE
A. NIKIFORUK (2001) estime qu’en 2010 25% du gaz produit en Alberta sera utilisé
pour chauffer l’eau utilisée pour fondre le bitume des sables de l’Athabaska. Ceci
sera au détriment de l’exportation vers les Etats-Unis.
HUILES EXTRA-LOURDES : ORÉNOQUE
Les huiles extra-lourdes sont plus lourdes que l’eau, comme les sables bitumineux,
mais sont moins visqueuses et peuvent être produites actuellement grâce aux progrès techniques, avec des puits horizontaux, sans utiliser la vapeur mais des pompes à cavité progressive (c’est-à-dire des puits conventionnels).
Les ressources dites récupérables étaient estimées à 300 Gb [PERRODON et al., 1998],
mais PDVSA (MORITIS, 2001) vient de réduire l’estimation à la fourchette 100-300 Gb,
à la suite des puits de développement de Petrozuata and Sincor qui ont révélé que
la géologie était très importante, car certains réservoirs (fluviatiles) sont plus productifs que d’autres (deltaïques), et les réservoirs sont beaucoup plus hétérogènes que
prévus.
SCHISTES BITUMINEUX
Malgré cette dénomination, ce ne sont ni des schistes (roches métamorphiques),
ni du bitume (résultat d’une mauvaise traduction du terme anglais oil shales), mais
des roches sédimentaires, la plupart argileuses, parfois carbonatées, riches en
matière organique (2,5 à 10%). Ce sont des roches mères immatures (début du
cycle de la formation du pétrole avant sa génération), nécessitant une pyrolyse vers
500°C pour générer du pétrole, ils sont à classer dans les charbons et non dans les
hydrocarbures.
Ces schistes ont été utilisés depuis longtemps, en France avec les schistes d’Autun
en 1838, en Ecosse, Australie, Russie et Chine, et récemment en ex-URSS, comme
combustibles dans des centrales. Des nombreux essais aux Etats-Unis (Green River)
et ailleurs (par extraction ou in situ) ont montré que l’obtention de pétrole à partir
de ces roches mères immatures n’est pas économique, il faut plus d’énergie pour
le produire que celle contenue dans le pétrole produit (le prix du pétrole n’a donc
pas d’importance), en plus des problèmes d’environnement quasiment insurmontables (déchets de « fines » doubles en volume et difficiles à stocker) et d’approvisionnement en eau.
La dernière tentative a été celle de Stuart oil shale, en Australie (projet de 2 G$ pour
85 000 b/j en 2008, avec 422 Mb de réserves), par le Canadien Suncor (producteur
de sables bitumineux d’Athabaska, avec 115 000 b/j en 2000) et elle vient de s’arrêter en octobre 2001 après une production de seulement 2500 b/j pendant 23 jours.
Comme le dit YOUNGQUIST, « ce sera toujours l’énergie du futur » (comme sur la
devanture d’un coiffeur, « ici, demain on rase gratis»)...
