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Laurent LI
les perturbations qui arrivent sur le continent européen sont plus nombreuses et
plus fortes. Le nord de l'Europe a donc une augmentation de pluie. Le contraste
hydrologique entre le nord et le sud de l'Europe est ainsi accentué.
En matière d'effet de serre et de changement climatique, derrière les aspects spectaculaires et médiatisés des futurs scénarios, se cachent également de nombreux
problèmes pour la recherche scientifique fondamentale. Prenons l'exemple des
rétroactions climatiques. Elles sont très nombreuses et opèrent d'une manière
complexe dans le système climatique. Les rétroactions les plus importantes sont
celles liées aux variations de la vapeur d'eau, de l'albédo du sol et des nuages. La
vapeur d'eau est un gaz à très fort effet de serre, sa variation peut donc être un
facteur déterminant pour la réponse globale du climat. La variation de l'extension
de la glace océanique et de la neige sur les continents peut influencer l'albédo de
la Terre et conditionne la quantité de l'énergie réellement reçue par la Terre. Les
nuages sont de grands modulateurs pour le transfert du rayonnement, dans la petite
longueur d'onde comme dans la grande longueur d'onde. D'une part, ils réfléchissent efficacement le rayonnement solaire et refroidissent la Terre ; d'autre part, ils
empêchent l'échappement du rayonnement terrestre et donc piègent la chaleur.
Ces deux effets opposés les conduisent à un rôle complexe dans la réponse du
climat. De multiples aspects des nuages sont susceptibles de varier : couverture
nuageuse, altitude des nuages, contenu en eau liquide ou glace, changement de
phase, taille et nombre des gouttelettes.
6.5. CONCLUSION
La perturbation anthropique de l'effet de serre est un phénomène sans précédent
dans l'histoire de la Terre. Sa conséquence est déjà visible maintenant et aura une
ampleur très importante dans les années ou les dizaines d'années à venir, comparable aux cycles glaciaires de l'ère quaternaire. Bien entendu, la nature de ces deux
phénomènes est totalement différente. Face à la rapidité et l'ampleur du réchauffement anthropique, la gestion de ce changement sur le plan socio-économique ne
se fera pas sans difficultés et elle doit être étudiée par la communauté scientifique
concernée.
Au-delà de la recherche proprement dite, l'avenir climatique de notre planète dépend
du choix que la société civile fait maintenant ou fera dans les années à venir. Il y a
des incertitudes d'ordre fondamental, parce que les transformations d'énergie sont
à un niveau faible et que de multiples processus entrent en jeu en même temps.
La gestion d'incertitudes fait partie intégrale de la problématique du réchauffement
climatique. Une opinion publique bien informée en la matière est certainement la
condition nécessaire et la garantie pour une bonne prise de décision.
Au niveau de la modélisation du climat, il est difficile de trouver une stratégie directe
de validation des modèles, car la variabilité observée du climat à l'échelle saison-
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