6 - LA MODÉLISATION DU SYSTÈME CLIMATIQUE ET DE SA RÉPONSE À UNE AUGMENTATION DE L'EFFET DE SERRE 149
En utilisant ces scénarios d'émission dans les modèles climatiques actuellement
disponibles, la communauté scientifique prévoit une augmentation de la température globale de 2 à 6 degrés, à l'horizon de 2100, par rapport à la période préindustrielle. La grande incertitude sur les températures n’est due que partiellement à
celle des modèles climatiques et reflète surtout les différentes hypothèses sur la
croissance de la demande en énergie et sur les structures de production et de
consommation. Cette augmentation est tout à fait considérable en comparaison
avec les grands cycles de glaciation dont l'amplitude est également de quelques
degrés seulement. En l'état actuel, nous avons encore beaucoup de difficultés
dans l'appréciation de la probabilité des scénarios, soit à cause des incertitudes
dans l'estimation des émissions, soit à cause des imperfections ou des processus
manquants dans les modèles utilisés.
Certains traits communs parmi les différents modèles sont néanmoins notables. La
surface continentale connaît un réchauffement plus important que l'océan, parce
que celui-ci a une inertie thermique beaucoup plus grande et qu'une partie de la chaleur est consommée par une évaporation plus forte. Les régions polaires connaissent un réchauffement plus important que les tropiques, parce que la fonte de la
neige et de la glace de mer diminue la réflectivité du sol et augmente donc la quantité d'énergie solaire absorbée. Les régions tropicales connaissent un réchauffement moindre, car une partie de la chaleur est transportée vers les couches supérieures de l'atmosphère à cause des rouleaux de convection renforcés. Le réchauffement maximal dans les régions tropicales se trouve donc en altitude aux alentours
de 10 km.
En ce qui concerne la précipitation, un autre ingrédient important du climat, il y a
une intensification (de l'ordre de 8 à 10%) du cycle hydrologique au niveau global.
Les régions tropicales connaissent une augmentation des précipitations à cause
des activités convectives plus fortes. Les hautes latitudes ont aussi une augmentation de la précipitation, car l'atmosphère, plus chaude, contient plus de vapeur d'eau
et est capable de transporter plus d'humidité vers les hautes latitudes. Les régions
subtropicales, en revanche, connaissent une diminution de pluie, car la branche descendante de la circulation est intensifiée et s'étend davantage vers les moyennes
latitudes.
En l'état actuel de la recherche scientifique, il est très difficile de raffiner les scénarios climatiques à l'échelle locale, voire régionale. Néanmoins une certaine cohérence parmi les différents modèles a été trouvée sur la région Europe-Méditerranée
et les tendances réellement observées corroborent les résultats des modèles. Pour
un réchauffement global, l'anticyclone des Açores semble renforcé et s'étend sur
une zone plus large. Sous influence de l'anticyclone, le Bassin méditerranéen connaît
une diminution de pluie. Le gradient méridional de pression sur l'Atlantique du Nord
est aussi renforcé, tout comme le gradient méridional de température dans les
hautes couches de l'atmosphère. Ceci a pour effet de renforcer la route dépressionnaire nord-atlantique et de décaler cette zone de dépression vers le nord. Ainsi
En utilisant ces scénarios d'émission dans les modèles climatiques actuellement
disponibles, la communauté scientifique prévoit une augmentation de la température globale de 2 à 6 degrés, à l'horizon de 2100, par rapport à la période préindustrielle. La grande incertitude sur les températures n’est due que partiellement à
celle des modèles climatiques et reflète surtout les différentes hypothèses sur la
croissance de la demande en énergie et sur les structures de production et de
consommation. Cette augmentation est tout à fait considérable en comparaison
avec les grands cycles de glaciation dont l'amplitude est également de quelques
degrés seulement. En l'état actuel, nous avons encore beaucoup de difficultés
dans l'appréciation de la probabilité des scénarios, soit à cause des incertitudes
dans l'estimation des émissions, soit à cause des imperfections ou des processus
manquants dans les modèles utilisés.
Certains traits communs parmi les différents modèles sont néanmoins notables. La
surface continentale connaît un réchauffement plus important que l'océan, parce
que celui-ci a une inertie thermique beaucoup plus grande et qu'une partie de la chaleur est consommée par une évaporation plus forte. Les régions polaires connaissent un réchauffement plus important que les tropiques, parce que la fonte de la
neige et de la glace de mer diminue la réflectivité du sol et augmente donc la quantité d'énergie solaire absorbée. Les régions tropicales connaissent un réchauffement moindre, car une partie de la chaleur est transportée vers les couches supérieures de l'atmosphère à cause des rouleaux de convection renforcés. Le réchauffement maximal dans les régions tropicales se trouve donc en altitude aux alentours
de 10 km.
En ce qui concerne la précipitation, un autre ingrédient important du climat, il y a
une intensification (de l'ordre de 8 à 10%) du cycle hydrologique au niveau global.
Les régions tropicales connaissent une augmentation des précipitations à cause
des activités convectives plus fortes. Les hautes latitudes ont aussi une augmentation de la précipitation, car l'atmosphère, plus chaude, contient plus de vapeur d'eau
et est capable de transporter plus d'humidité vers les hautes latitudes. Les régions
subtropicales, en revanche, connaissent une diminution de pluie, car la branche descendante de la circulation est intensifiée et s'étend davantage vers les moyennes
latitudes.
En l'état actuel de la recherche scientifique, il est très difficile de raffiner les scénarios climatiques à l'échelle locale, voire régionale. Néanmoins une certaine cohérence parmi les différents modèles a été trouvée sur la région Europe-Méditerranée
et les tendances réellement observées corroborent les résultats des modèles. Pour
un réchauffement global, l'anticyclone des Açores semble renforcé et s'étend sur
une zone plus large. Sous influence de l'anticyclone, le Bassin méditerranéen connaît
une diminution de pluie. Le gradient méridional de pression sur l'Atlantique du Nord
est aussi renforcé, tout comme le gradient méridional de température dans les
hautes couches de l'atmosphère. Ceci a pour effet de renforcer la route dépressionnaire nord-atlantique et de décaler cette zone de dépression vers le nord. Ainsi
