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Jean-Louis BOBIN
La situation du pétrole est un peu plus favorable, celle du gaz bien meilleure. Elle
pourrait encore progresser grâce à de nouvelles technologies comme les cycles
combinés ou la cogénération 3 . Le tableau montre que ces techniques de production d’énergie réduisent les émissions de façon significative : presqu’un facteur 2.
Tableau IV - Emissions de gaz carbonique et de polluants émanant
de différents combustibles selon diverses technologies (par kWh d’énergie produite)
Combustible
CO 2 [kg]
SO 2 [g]
NO 2 [g]
Charbon (à 1% de S)
0,95
7,5
2,80
Pétrole (à 1% de S)
0,80
5,0
1,80
Gaz naturel (à 1% de S)
0,57
-
1,30
Charbon (avec cogénération)
0,57
4,4
1,17
Pétrole (avec cogénération)
0,46
2,9
0,99
Gaz (avec cogénération)
0,34
-
0,70
L’ère industrielle est jalonnée de substitutions énergétiques. Il a fallu un siècle pour
que le charbon l’emporte sur le bois vers 1875. Au bout d’un autre siècle, vers 1970,
le pétrole devenait la source d’énergie dominante. Le gaz naturel prendra bientôt le
relais. Ces remplacements successifs se font au profit de combustibles où la proportion d’hydrogène augmente par rapport au carbone. La combustion fabrique de plus
en plus d’eau (écologiquement neutre) et moins de gaz carbonique 4 . Il en résulte une
diminution de la quantité de gaz à effet de serre émise par unité d’énergie produite.
Cette évolution a fait l’objet d’une analyse à la MARCHETTI [18], rapportée par AUSUBEL [19]. Comme on peut le voir sur la figure 5.10, le rapport hydrogène sur carbone
augmente au cours du temps suivant une courbe logistique qui, sur le diagramme,
se traduit par une ligne droite grâce au choix particulier de l’échelle des ordonnées.
Mais au début du XXI
e siècle il faut s’attendre à une inflexion vers une limite correspondant au méthane, dont la molécule comporte un seul atome de carbone pour
quatre d’hydrogène et constituant principal du gaz naturel. Des progrès seraient
encore envisageables à la condition d’utiliser directement de l’hydrogène de provenance autre que fossile.
Ainsi, insensiblement et en l’absence de toute démarche volontariste, nos sources
d’énergie tendent à mieux respecter l’environnement planétaire. Mais cette constatation doit être assortie d’une restriction : la production d’énergie continue d’augmenter et des quantités de plus en plus grandes de CO 2 et de polluants sont émises.
L’équilibre de la planète est-il menacé par ces rejets et de quelle façon ? Quelles
mesures pouvons-nous prendre pour éviter des changements irréversibles ?
3 Voir le chapitre 9 de cet ouvrage.
4 En réalité, la contribution de la combustion de bois à l’effet de serre peut être minimisée grâce à la
reforestation. La croissance de la forêt absorbe le gaz carbonique émis lors de la combustion. Cela
impose de ne pas brûler plus de bois que ce qui a poussé dans l’année.
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