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Jean-Louis BOBIN
On ne répétera pas ici en quoi consiste l’effet de serre, décrit en détail dans le chapitre 6. Le passé de notre planète, tel que nous le connaissons, conduit à penser
qu’à de modestes variations près, il règne un équilibre auquel cet effet contribue.
Depuis les débuts de l’ère industrielle consécutifs à la mise sur le marché, vers
1770, de la machine à vapeur de James WATT, l’activité humaine disperse dans
l’atmosphère des quantités croissantes de gaz à effet de serre, essentiellement du
gaz carbonique CO 2 . Quels sont donc les faits et les chiffres ?
5.1. QUAND L’HISTOIRE EST AU CONGÉLATEUR
Aussi bien pour les températures que pour les concentrations de gaz à effet de
serre, des mesures directes ne concernent que les périodes les plus récentes :
depuis environ 1850 pour la température, deuxième moitié du XX
e siècle pour les
gaz. Cependant, les données relatives aux époques plus lointaines peuvent être
reconstituées grâce au carottage des calottes glaciaires qui recouvrent les pôles.
Chaque année en effet, les chutes de neige forment une nouvelle couche dont les
compositions chimique et isotopique sont le reflet de celles de l’atmosphère. La
nature met ainsi au réfrigérateur des données essentielles pour la connaissance du
climat. En conséquence, des carottes prélevées à travers les calottes polaires ont
permis d’accéder aux températures et à la composition de l’atmosphère sur une
période passée assez longue : 420 000 ans.
5.1.1. HISTOIRE DES TEMPÉRATURES
L’oxygène présent sur Terre est essentiellement de l’isotope dont le nombre de
masse est 16 avec une petite proportion, environ 1%, d’isotope 18. L’eau évaporée
depuis la surface des océans est encore enrichie en isotope 16, plus léger. Mais une
élévation de température augmente la fraction d’isotope 18 envoyée dans l’atmosphère. Les lois quantitatives sont connues de sorte que la quantité d’isotope 18
dans une couche de glace permet d’évaluer la température au moment de l’évaporation. Le résultat est présenté sur la figure 5.1.
La figure 5.1 met en évidence une évolution presque cyclique avec une période
d’environ 120 000 ans. Notre époque est la dernière en date des ères chaudes, de
durée approximative 10 000 ans, succédant à une glaciation environ dix fois plus
longue. Il convient de noter que ces importants changements climatiques sont le
résultat de petits écarts de température sur une plage qui ne dépasse pas 10°C.
Une analyse plus fine d’un passé récent montre des variations de température sur
des périodes bien plus courtes. C’est ainsi qu’au Moyen Age, la Terre était exceptionnellement chaude tandis que la seconde moitié du XVII
e siècle a été surnommée
« petit âge glaciaire ». A cette époque, le Soleil avait une activité particulièrement
Jean-Louis BOBIN
On ne répétera pas ici en quoi consiste l’effet de serre, décrit en détail dans le chapitre 6. Le passé de notre planète, tel que nous le connaissons, conduit à penser
qu’à de modestes variations près, il règne un équilibre auquel cet effet contribue.
Depuis les débuts de l’ère industrielle consécutifs à la mise sur le marché, vers
1770, de la machine à vapeur de James WATT, l’activité humaine disperse dans
l’atmosphère des quantités croissantes de gaz à effet de serre, essentiellement du
gaz carbonique CO 2 . Quels sont donc les faits et les chiffres ?
5.1. QUAND L’HISTOIRE EST AU CONGÉLATEUR
Aussi bien pour les températures que pour les concentrations de gaz à effet de
serre, des mesures directes ne concernent que les périodes les plus récentes :
depuis environ 1850 pour la température, deuxième moitié du XX
e siècle pour les
gaz. Cependant, les données relatives aux époques plus lointaines peuvent être
reconstituées grâce au carottage des calottes glaciaires qui recouvrent les pôles.
Chaque année en effet, les chutes de neige forment une nouvelle couche dont les
compositions chimique et isotopique sont le reflet de celles de l’atmosphère. La
nature met ainsi au réfrigérateur des données essentielles pour la connaissance du
climat. En conséquence, des carottes prélevées à travers les calottes polaires ont
permis d’accéder aux températures et à la composition de l’atmosphère sur une
période passée assez longue : 420 000 ans.
5.1.1. HISTOIRE DES TEMPÉRATURES
L’oxygène présent sur Terre est essentiellement de l’isotope dont le nombre de
masse est 16 avec une petite proportion, environ 1%, d’isotope 18. L’eau évaporée
depuis la surface des océans est encore enrichie en isotope 16, plus léger. Mais une
élévation de température augmente la fraction d’isotope 18 envoyée dans l’atmosphère. Les lois quantitatives sont connues de sorte que la quantité d’isotope 18
dans une couche de glace permet d’évaluer la température au moment de l’évaporation. Le résultat est présenté sur la figure 5.1.
La figure 5.1 met en évidence une évolution presque cyclique avec une période
d’environ 120 000 ans. Notre époque est la dernière en date des ères chaudes, de
durée approximative 10 000 ans, succédant à une glaciation environ dix fois plus
longue. Il convient de noter que ces importants changements climatiques sont le
résultat de petits écarts de température sur une plage qui ne dépasse pas 10°C.
Une analyse plus fine d’un passé récent montre des variations de température sur
des périodes bien plus courtes. C’est ainsi qu’au Moyen Age, la Terre était exceptionnellement chaude tandis que la seconde moitié du XVII
e siècle a été surnommée
« petit âge glaciaire ». A cette époque, le Soleil avait une activité particulièrement
