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Hervé NIFENECKER
4.7. CONCLUSION
Compte tenu de l’augmentation de la population mondiale et des grands besoins
des pays en voie de développement, il semble très difficile d’éviter une multiplication par au moins deux des besoins en énergie d’ici 2050. L’énergie primaire est
actuellement fournie à presque 80% par les combustibles fossiles. De ce fait, les
rejets de gaz carbonique atteignent 22 milliards de tonnes, soit 6 milliards de tonnes
équivalent carbone, alors que la stabilisation de la concentration en gaz carbonique
dans l’atmosphère ne pourrait être obtenue qu’avec des rejets inférieurs à 2 ou
3 GtC. Il faudrait donc ramener la part des énergies fossiles à moins de 20% à l’horizon 2050. La mise au point de scénarios de prévision des consommations énergétiques permet de déterminer quel est l’espoir de réaliser cet objectif. De tels scénarios ont été réalisés à la demande du Conseil Mondial de l’Energie (CME) et du
GIEC. Plutôt que de faire une revue générale, mais par là même superficielle, de
l’ensemble de ces scénarios, nous avons préféré décrire avec détail les scénarios
mis au point par l’IIASA pour le compte du CME et publiés en 1998. Parmi ces scénarios seuls ceux supposant une politique drastique d’économie d’énergie permettent de stabiliser les émissions autour de la valeur présente. Ceci est vrai alors que
la part des énergie fossiles est fortement réduite à des valeurs comprises entre
55 et 75%, cette décroissance se faisant au profit des énergies renouvelables et
nucléaires.
Alors que l’importance de la contribution des énergies renouvelables est limitée
dans ces scénarios par des facteurs techniques, et surtout économiques, il ne
semble pas en être de même pour celle de l’énergie nucléaire : tous les scénarios
prévoient une multiplication par environ 10 de la contribution des énergies renouvelables « nouvelles » (éolien, solaire, biomasse commerciale) mais des contributions très variables du nucléaire, allant d’une diminution à une multiplication par 5.
Nous montrons qu’en modifiant les scénarios de façon à ce que le nucléaire remplace en grande partie le charbon et le gaz, il est possible d’atteindre pratiquement
l’objectif de rejets de CO 2 inférieurs à 3 GtC, sans réduire les consommations prévues même dans le cas des scénarios à forte croissance.
Hervé NIFENECKER
4.7. CONCLUSION
Compte tenu de l’augmentation de la population mondiale et des grands besoins
des pays en voie de développement, il semble très difficile d’éviter une multiplication par au moins deux des besoins en énergie d’ici 2050. L’énergie primaire est
actuellement fournie à presque 80% par les combustibles fossiles. De ce fait, les
rejets de gaz carbonique atteignent 22 milliards de tonnes, soit 6 milliards de tonnes
équivalent carbone, alors que la stabilisation de la concentration en gaz carbonique
dans l’atmosphère ne pourrait être obtenue qu’avec des rejets inférieurs à 2 ou
3 GtC. Il faudrait donc ramener la part des énergies fossiles à moins de 20% à l’horizon 2050. La mise au point de scénarios de prévision des consommations énergétiques permet de déterminer quel est l’espoir de réaliser cet objectif. De tels scénarios ont été réalisés à la demande du Conseil Mondial de l’Energie (CME) et du
GIEC. Plutôt que de faire une revue générale, mais par là même superficielle, de
l’ensemble de ces scénarios, nous avons préféré décrire avec détail les scénarios
mis au point par l’IIASA pour le compte du CME et publiés en 1998. Parmi ces scénarios seuls ceux supposant une politique drastique d’économie d’énergie permettent de stabiliser les émissions autour de la valeur présente. Ceci est vrai alors que
la part des énergie fossiles est fortement réduite à des valeurs comprises entre
55 et 75%, cette décroissance se faisant au profit des énergies renouvelables et
nucléaires.
Alors que l’importance de la contribution des énergies renouvelables est limitée
dans ces scénarios par des facteurs techniques, et surtout économiques, il ne
semble pas en être de même pour celle de l’énergie nucléaire : tous les scénarios
prévoient une multiplication par environ 10 de la contribution des énergies renouvelables « nouvelles » (éolien, solaire, biomasse commerciale) mais des contributions très variables du nucléaire, allant d’une diminution à une multiplication par 5.
Nous montrons qu’en modifiant les scénarios de façon à ce que le nucléaire remplace en grande partie le charbon et le gaz, il est possible d’atteindre pratiquement
l’objectif de rejets de CO 2 inférieurs à 3 GtC, sans réduire les consommations prévues même dans le cas des scénarios à forte croissance.
