CHAPITRE 8
LINÉARISATION ET TRANSVERSALITÉ
Dans ce chapitre, nous montrons que les espaces de solutions de l’équation de Floer jouissent d’une propriété de régularité. Plus précisément :
si H est un hamiltonien sur W , et si x et y sont deux orbites périodiques
(de période 1) de H, on peut considérer, pour toute structure presque
complexe J, l’espace M(x, y) des solutions de l’équation de Floer joignant
l’orbite x à l’orbite y. Nous montrons qu’en perturbant au besoin H (sans
le modifier près de x et de y, de sorte que ceux-ci en restent des orbites périodiques), on peut supposer que l’espace M(x, y) est une variété de dimension μ(x) − μ(y). La stratégie consiste à décrire l’espace M(x, y) comme
ensemble des zéros d’une section d’un fibré vectoriel sur une variété de
Banach (de dimension infinie) P(x, y). L’application tangente à cette section se révélera être un opérateur de Fredholm, dont il nous faudra calculer
l’indice. Le choix de la perturbation de J et de H donnera la transversalité
de cette section avec la section nulle.
8.1. Les résultats : énoncés
Nous utilisons l’application de Floer
F : C
∞
loc (R × S
1 ; W ) −→ C
∞
loc (R × S
1 ; W )
u −→
∂u
∂s
+ J
∂u
∂t
+ grad u (H t )
et plus exactement une version W
1,p de cette application (que nous
préciserons au § 8.2.d). L’équation de Floer fait intervenir une structure
presque complexe J et un hamiltonien H. Nous dirons qu’un couple
(H, J) est régulier si, pour toute solution périodique de période
(1) 1 et
contractile u de l’équation de Floer, la différentielle (ou linéarisée) (dF) u
(1) Le fait que la période soit exactement 1 ne joue pas de rôle particulier. Par contre, il
est essentiel que cette période soit fixée.
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