les points, il présente les vives arêtes de ses tables légèrement rongées à la
hauteur de l’eau, mais infranchissables. Ce roc est protégé de toute atteinte
par des écueils dangereux qui se prolongent au loin, et dans lesquels se joue
le flot brillant de la Méditerranée. Il faut donc être en mer pour apercevoir
les quatre corps du bâtiment carré dont la forme, la hauteur, les ouvertures
ont été minutieusement prescrites par les lois monastiques. Du côté de la
ville, l’église masque entièrement les solides constructions du cloître, dont
les toits sont couverts de larges dalles qui les rendent invulnérables aux
coups de vent, aux orages et à l’action du soleil. L’église, due aux libéralités
d’une famille espagnole, couronne la ville. La façade hardie, élégante, donne
une grande et belle physionomie à cette petite cité maritime. N’est-ce pas
un spectacle empreint de toutes nos sublimités terrestres que l’aspect d’une
ville dont les toits pressés, presque tous disposés en amphithéâtre devant
un joli port, sont surmontés d’un magnifique portail à triglyphe gothique,
à campaniles, à tours menues, à flèches découpées ? La religion dominant
la vie, en en offrant sans cesse aux hommes la fin et les moyens, image
tout espagnole d’ailleurs ! Jetez ce paysage au milieu de la Méditerranée,
sous un ciel brûlant ; accompagnez-le de quelques palmiers, de plusieurs
arbres rabougris, mais vivaces qui mêlaient leurs vertes frondaisons agitées
aux feuillages sculptés de l’architecture immobile ? Voyez les franges de
la mer blanchissant les récifs, et s’opposant au bleu saphir des eaux ;
admirez les galeries, les terrasses bâties en haut de chaque maison et
où les habitants viennent respirer l’air du soir parmi les fleurs, entre la
cime des arbres de leurs petits jardins. Puis, dans le port, quelques voiles.
Enfin, par la sérénité d’une nuit qui commence, écoutez la musique des
orgues, le chant des offices, et les sons admirables des cloches en pleine
mer. Partout du bruit et du calme ; mais plus souvent le calme partout.
Intérieurement, l’église se partageait en trois nefs sombres et mystérieuses.
La furie des vents ayant sans doute interdit à l’architecte de construire
latéralement ces arcs-boutants qui ornent presque partout les cathédrales,
et entre lesquels sont pratiquées des chapelles, les murs qui flanquaient les
deux petites nefs et soutenaient ce vaisseau, n’y répandaient aucune lumière.
Ces fortes murailles présentaient à l’extérieur l’aspect de leurs masses
grisâtres, appuyées, de distance en distance, sur d’énormes contreforts. La
grande nef et ses deux petites galeries latérales étaient donc uniquement
éclairées par la rose à vitraux coloriés, attachée avec un art miraculeux
au-dessus du portail, dont l’exposition favorable avait permis le luxe des
dentelles de pierre et des beautés particulières à l’ordre improprement
nommé gothique. La plus grande portion de ces trois nefs était livrée
aux habitants de la ville, qui venaient y entendre la messe et les offices.
Devant le chœur, se trouvait une grille derrière laquelle pendait un rideau
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hauteur de l’eau, mais infranchissables. Ce roc est protégé de toute atteinte
par des écueils dangereux qui se prolongent au loin, et dans lesquels se joue
le flot brillant de la Méditerranée. Il faut donc être en mer pour apercevoir
les quatre corps du bâtiment carré dont la forme, la hauteur, les ouvertures
ont été minutieusement prescrites par les lois monastiques. Du côté de la
ville, l’église masque entièrement les solides constructions du cloître, dont
les toits sont couverts de larges dalles qui les rendent invulnérables aux
coups de vent, aux orages et à l’action du soleil. L’église, due aux libéralités
d’une famille espagnole, couronne la ville. La façade hardie, élégante, donne
une grande et belle physionomie à cette petite cité maritime. N’est-ce pas
un spectacle empreint de toutes nos sublimités terrestres que l’aspect d’une
ville dont les toits pressés, presque tous disposés en amphithéâtre devant
un joli port, sont surmontés d’un magnifique portail à triglyphe gothique,
à campaniles, à tours menues, à flèches découpées ? La religion dominant
la vie, en en offrant sans cesse aux hommes la fin et les moyens, image
tout espagnole d’ailleurs ! Jetez ce paysage au milieu de la Méditerranée,
sous un ciel brûlant ; accompagnez-le de quelques palmiers, de plusieurs
arbres rabougris, mais vivaces qui mêlaient leurs vertes frondaisons agitées
aux feuillages sculptés de l’architecture immobile ? Voyez les franges de
la mer blanchissant les récifs, et s’opposant au bleu saphir des eaux ;
admirez les galeries, les terrasses bâties en haut de chaque maison et
où les habitants viennent respirer l’air du soir parmi les fleurs, entre la
cime des arbres de leurs petits jardins. Puis, dans le port, quelques voiles.
Enfin, par la sérénité d’une nuit qui commence, écoutez la musique des
orgues, le chant des offices, et les sons admirables des cloches en pleine
mer. Partout du bruit et du calme ; mais plus souvent le calme partout.
Intérieurement, l’église se partageait en trois nefs sombres et mystérieuses.
La furie des vents ayant sans doute interdit à l’architecte de construire
latéralement ces arcs-boutants qui ornent presque partout les cathédrales,
et entre lesquels sont pratiquées des chapelles, les murs qui flanquaient les
deux petites nefs et soutenaient ce vaisseau, n’y répandaient aucune lumière.
Ces fortes murailles présentaient à l’extérieur l’aspect de leurs masses
grisâtres, appuyées, de distance en distance, sur d’énormes contreforts. La
grande nef et ses deux petites galeries latérales étaient donc uniquement
éclairées par la rose à vitraux coloriés, attachée avec un art miraculeux
au-dessus du portail, dont l’exposition favorable avait permis le luxe des
dentelles de pierre et des beautés particulières à l’ordre improprement
nommé gothique. La plus grande portion de ces trois nefs était livrée
aux habitants de la ville, qui venaient y entendre la messe et les offices.
Devant le chœur, se trouvait une grille derrière laquelle pendait un rideau
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