LE DEVELOPPEMENT DE LA PHYTOTHERAPIE
comme offrande, on le lançait au vent et dans l'eau pour affaiblir
les orages, on l'éparpillait dans des zones de pêche pour augmenter
les prises et on l'offrait à l'air en signe de reconnaissance pour avoir
échappé à un danger» (VirgilVogel, La médecine amérindienne, 1970).
LES COLONS EUROPEENS
Les premiers colons européens qui débarquèrent en Amérique du
Nord au début du XVII
e siècle ne voyaient que sauvagerie primitive
dans les pratiques médicales indigènes. Ils comptaient largement sur la
résistance des plantes importées ou des espèces européennes pour les
acclimater dans l'est de l'Amérique du Nord.
Ecorce d'hamaméhs
Au fil des années, toutefois, grâce aux contacts sans cesse plus
étroits, les colons unirent par respecter le savoir médical des Indiens
dont les plantes et les remèdes furent même adoptés par certains
colons. Dans un ouvrage intitulé Notes sur la colonisation et les guerres
indiennes (1876),Joseph Doddridge rapporte que l'écorce de noyer
cendré (Juglans dnerea, p. 224) était pelée de haut en bas quand elle
devait servir de laxatif (la purge des intestins étant une action dirigée
« vers le bas ») et de bas en haut pour un usage émétique (le vomissement constituant une action dirigée «vers le haut»).
Les méthodes thérapeutiques indiennes connurent une grande
popularité.Vers la fin du XVIII
e siècle, Samuel Thomson (1769-1843)
mit au point un régime curatif simple, fondé SUIT leurs pratiques, ce qu'il
ne reconnut jamais malgré d'évidentes similitudes : utilisation de
substances émétiques, purgatives et stimulantes, importance des bains
de vapeur (il utilisa les tentes de sudation en usage chez les Indiens),
connaissance approfondie des plantes américaines. Thomson
considérait que «toutes les affections sont causées par le froid». Ses deux
plantes favorites — le poivre, plante stimulante, et la lobélie, émétique,
sédative et tonifiante — avaient la propriété d'élever la température
du corps et de dilater les vaisseaux sanguins. Elles accroissaient aussi
la lésistance aux infections et accéléraient la cicatrisation.
L'ÉCLECTISME ET SON INFLUENCE
Le mariage fécond entre les phytothérapies indienne et européenne
donna naissance à des systèmes plus élaborés, tels que
l'éclectisme, fondé au cours des années 1830
parle docteur WoosterBeech (1794-1868).
Ce dernier étudia également la médecine
traditionnelle et tenta d'associer les connaissances
les plus récentes en matière de physiologie
et de pathologie à la quintessence de la
phytothérapie. Il rejetait les théories de
Thomson trop simplistes, et cherchait à
trouver les plus faibles dosages possibles
pour obtenir de bons résultats. Son
approche obtint un tel succès qu'en
1909, l'éclectisme rassembla plus de
8 000 membres. Un autre courant
médical, le physiomédicalisme, fut
inspiré par les théories de Thomson
Samuel Thomson qui inspira, au xix' siècle,
les physiomédicalistes, se fit le défenseur des
remèdes indigènes américains.
„
Hamamélis
f
(T-lamamelis
virgiana,
p 104)
Excellent remède
pour /es affections
dermatologiques
\
Feuille d'hamaméhs
———— Feuille
d'avocatier
Ecorce
—— d'avocatier
Avocatier fPersea
amencana,
p. Ï22) Plante
médicinale
importante au
Guatemala, où
toutes les parties, de
l'arbre servent
comme remède
Fruit de
———— l'avocatier
Orme ronge
(Ulmus rubra,
p. 145) Remède
nord-américain en
cas de blessures et
, de brûlures.
Pavot de Californie
fEschscholzia
californica, p 206).
Sédatif doux favorisant
, le sommeil.
Cohosh bleu
(Caulophyllum
thahctroides, p. 77)
Stimulant
L
.
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