LA CONSERVATION
II existe diverses méthodes de conservation,
les plus courantes et les plus simples étant le
séchage à l'air ou au four. Un endroit
chaud et sec est l'idéal. Poser toujours
les plantes sur du papier journal. Une
fois séchées, les plantes se conservent
plusieurs mois dans un pot en verre teinté
ou dans un sac en papier kraft (voir p. 288).
PARTIES AÉRIENNES
Ce sont toutes les parties de la plante qui
se trouvent au-dessus du sol : tige, feuilles,
fleurs, baies et graines. Les tiges sont
généralement coupées 5 à 10 cm au-dessu'
du sol, juste au début de la floraison, lorsque
la plante est en pleine croissance. Les plantes
vivaces pourront être coupées un peu plus
haut pour faciliter la croissance de nouvelles
pousses. Détacher et faire sécher séparément
les grandes fleurs et les grandes feuilles;
les petites peuvent sécher sur la tige.
• Suspendre des bouquets de 8 à 10 tiges
dans un endroit (pas trop) chaud, bien aéré
et sombre. Les tiges et les feuilles ne doivent
pas être trop serrées pour que l'air puisse
circuler entre elles.
• Lorsque le bouquet est bien sec, sans être
friable, détacher les petites tiges, les feuilles,
les fleurs et les graines des tiges principales
au-dessus d'une feuille de papier uni.
• Verser délicatement les plantes sèches ainsi
préparées dans un bocal en verre teinté
muni d'un couvercle à vis ou dans un sac en
papier kraft.
GRANDES FLEURS
La plupart du temps, les fleurs sont récoltées
juste après leur éclosion, au printemps
ou en été. On utilise soit une partie
spécifique de la fleur, par exemple les pétales
du souci (Calendula offidnalis, p. 73), soit la
fleur tout entière.
• Détacher les grandes fleurs de la tige et
éliminer insectes et poussière. Les placer
sur un papier absorbant dans un endroit sec,
en les espaçant assez pour que l'air circule.
• Lorsqu'elles sont sèches, conserver les
fleurs dans un sac en papier kraft ou dans un
bocal en verre teinté. Pour le souci, détacher
d'abord les pétales du cœur de la fleur.
PETITES FLEURS
Les petites fleurs peuvent être récoltées avec
la tige et détachées ensuite. Suspendez les
petites tiges, comme la lavande (Lavandula
angustifolia, p. 110), la tête en bas dans un
sachet en papier ou au-dessus d'un plateau.
Si les tiges sont charnues, procédez comme
pour les grandes fleurs, ci-dessus.
FRUITS ET BAIES
Les fruits et les baies se récoltent au début
de l'automne, lorsqu'ils sont mûrs mais
encore fermes. S'ils sont trop mûrs, ils ne
sécheront pas bien.
• Poser les baies ou les fruits sur un plateau
recouvert d'un papier absorbant. Les placer
Des pétales de couleur vive
témoignent d'une teneur élevée en principes actifs.
dans un four chaud (éteint) entrouvert
(3 à 4 h), puis dans un endroit sec, chaud et
sombre, en les retournant de temps en temps.
RACINES, RHIZOMES, TUBERCULES ET BULBES
Les parties souterraines sont souvent
prélevées en automne, lorsque les parties
aériennes sont fanées et avant que le sol ne
soit trop mouillé ou gelé. De nombreuses
racines peuvent être récoltées au début du
printemps, avant que leur vitalité ne diminue
au profit des parties aériennes. Creuser
profondément autour de la racine pour
l'extraire du sol. Certaines racines principales
sont très difficiles à arracher. Prélever
la quantité voulue et replanter le reste.
• Secouer pour enlever la terre et laver
à l'eau tiède en supprimant toutes les
radicelles superflues ou les parties abîmées.
Découper en rondelles ou en petits
morceaux avec un couteau bien aiguisé.
• Etaler les morceaux de racine sur du papier
absorbant et laisser le plateau pendant 2 à 3
heures dans un four chaud (éteint) entrouvert.
Faire sécher ensuite dans un endroit chaud.
GRAINES
B^écolter les gousses, capsules, ou tiges
fleuries à maturité, à la fin de l'été, avant
que les graines ne se soient dispersées.
• Pour les très petites graines, suspendez de
petits bouquets portant les graines la tête en
bas, au-dessus d'un plateau couvert de papier
(ci-contre) ou dans un sachet en papier.
Laissez sécher puis secouez doucement.
SÈVE ET GEL
Ne prélever la sève qu'au printemps,
lorsqu'elle monte, ou en automne, lorsqu'elle
redescend. Certains arbres, comme le
bouleau blanc (Betula alba, p. 178),
produisent de la sève en abondance si
on les entaille, mais cela diminue leur
vitalité. Creuser un trou profond dans
le tronc d'un arbre - ne dépassant pas
un quart de son diamètre - et fixer un
récipient sous la bouche du trou. Au
printemps, des litres de sève peuvent s'écouler
et il est impératif de reboucher le trou (résine
ou mastic) après en avoir recueilli un litre
environ. On peut également prélever le suc
laiteux ou latex produit par certaines plantes,
comme le pissenlit (Taraxacum officinale,
p. 141), en pressant la tige au-dessus d'un
récipient. Enfiler des gants, car la sève et le
latex peuvent irriter la peau. Pour recueillir
le gel de l'aloès (Aloe vera, p. 60), ouvrir la
feuille dans sa longueur et raclez-la avec le
dos de la lame d'un couteau.
ÉCORCE
Ne prélever l'écorce que sur ses propres arbres
ou arbustes. Un écorçage excessif pouvant être
fatal à l'arbre, il vaut mieux enlever l'écorce
sur les branches extérieures, que l'on peut
ensuite tailler. Opérer de préférence en
automne. Enlever les insectes, les lichens et la
mousse de l'écorce, couper celle-ci en petits
morceaux et les faire sécher sur un plateau.
AUTRES MÉTHODES
DE CONSERVATION
Outre le simple séchage à l'air, il existe
d'autres méthodes pour conserver
les propriétés médicinales des plantes.
LA DÉSHUMIDIFICATION
Ce moyen efficace, mais onéreux, nécessite
l'utilisation d'un déshumidificateur, qui
«aspire» l'humidité des plantes. L'appareil
doit être placé dans une pièce plus ou moins
hermétique, dans laquelle les plantes seront
suspendues en bouquets lâches ou placées
sur des plateaux grillagés.
LA CONGÉLATION
La congélation conserve les couleurs et les
parfums, mais elle est plus adaptée aux plantes
aromatiques qu'aux plantes médicinales.
Les brins entiers, peuvent être congelés dans
des sachets en plastique. Il est inutile de les
décongeler avant utilisation, les feuilles gelées
étant facile à endetter. Le mouron blanc
(Stellaria média, p. 272) peut également être
congelé et utilisé localement contre les
démangeaisons et les dermatoses infectées. Le
suc de nombreuses plantes peut être extrait
(voir p. 297) et congelé sous
forme de glaçons.
Pour faire sécher les plantes, on peut utiliser
un simple grillage posé sur un plateau.
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