PAPAYER SOMNIFERUM
production de corticostéroïdes et
d'hormones sexuelles mâles. De plus, il
améliore aussi la circulation coronarienne :
il est donc indiqué pour soigner
l'artériosclérose, l'angine de poitrine et faire
baisser la tension artérielle. On le prescrit
pour arrêter la plupart des hémorragies
internes. En cataplasme, cette plante accélère
la guérison des blessures et des contusions.
RECHERCHES EN COURS En Chine, des
tests cliniques ont montré les propriétés
coagulantes du san qi. Ils ont mis en
évidence son action sur la circulation
coronarienne, l'abaissement de la tension
artérielle et sur la guénson des angines de
poitrine.
ATTENTION Usage contre-indiqué chez
la femme enceinte.
Panax quinquefolium
(Araliacées)
GINSENG D'AMÉRIQUE
DESCRIPTION Plante vivace à tige lisse,
à feuilles caduques composées, aux folioles
allongées, à petites fleurs verdâtres et à baies
rouge vif en forme de haricot (30 cm de
haut).
HABITAT ET CULTURE Le ginseng
d'Amérique est originaire de l'Amérique du
Nord et de l'Himalaya. Plante des bois, il s'est
raréfié à l'état sauvage en raison de la récolte
excessive dont il a fait l'objet. On le cultive
aux Etats-Unis, en Chine et en France.
On récolte la racine à l'automne.
PARTIE UTILISÉE Racine.
CONSTITUANTS Saponosides (ginsénosides),
acides aminés, vitamines B et C.
HISTOIRE ET TRADITIONS Les Indiens
d'Amérique auraient employé cette plante
pour stimuler la fertilité féminine. Au milieu
du XVIII
e siècle, la récolte du ginseng — afin
de l'exporter en Chine - donna lieu à une
véritable ruée. Les Indiens y participèrent en
si grand nombre qu'ils désertèrent leurs
villages. Si les Ojibwas plantaient toujours
une graine pour remplacer la plante cueillie,
cette pratique était loin d'être répandue.
Vers la fin du xix"" siècle, le ginseng
d'Amérique était devenu rare.
EFFETS ET USAGES MÉDICINAUX L'action
du ginseng d'Amérique serait similaire à celle
de son parent chinois (Panax ginseng, p. 120),
tout en étant plus douce. Cette plante
accroît la résistance au stress. En médecine
chinoise traditionnelle, elle est employée
comme tonique yin, contre la fatigue, la
fièvre, les difficultés respiratoires et la toux.
ESPÈCES VOISINES Voir san qi
(Panax notoginseng, notice précédente)
et éleuthérocoque (Eleutherococcus senticosus,
p. 96).
ATTENTION Déconseillé pendant la grossesse.
Papaver rhoeas
(Papavéracées)
COQUELICOT
DESCRIPTION Plante annuelle à tige frêle
et velue, à feuilles basales lancéolées,
à feuilles supérieures très découpées
et à fleurs rouges dotées de quatre
pétales, d'anthères noires et de petites
capsules rondes (90 cm de haut).
HABITAT ET CULTURE Originaire
d'Europe, d'Afrique du Nord et des régions
tempérées d'Asie, le coquelicot a été
introduit en Amérique du Nord et du Sud.
Il pousse dans les champs et au bord des
chemins. On récolte les fleurs en été.
PARTIES UTILISÉES Fleurs.
CONSTITUANTS Alcaloïdes (papavérine,
rhéadine, isorhéadine, etc.), anthocyanosides
(couleur rouge), mucilage et tanins.
HISTOIRE ET TRADITIONS Au XVIII
e siècle,
le Dictionnaire de Trévoux (1704-1771)
rapportait — à la rubrique «pavot rouge»,
nom donné pendant l'époque moderne au
coquelicot — que «les fleurs de cette plante
sont adoucissantes et propres pour faire
cracher dans les fluxions de poitrine, dans
le rhume, dans la toux sèche. »
EFFETS ET USAGES MÉDICINAUX
En Europe, les fleurs de coquelicot sont
utilisées depuis longtemps pour leurs
propnétés apaisantes, notamment en
pédiatrie et en gériatrie. Principalement
destiné à soulager les douleurs modérées
et la toux sèche, le coquelicot est prescrit
en cas de nervosité excessive, d'insomnie
et, de manière générale, d'irritabilité.
Il est le plus souvent administré sous forme
de sirop, notamment contre l'asthme.
ESPÈCES VOISINES Les alcaloïdes présents
dans le coquelicot ressemblent à ceux
contenus dans le pavot officinal (Papaver
somniferum, voir notice suivante), mais leur
action sur l'organisme reste plus faible.
Voir aussi le pavot du Mexique (Argemone
mexicana, p. 171), le platystemon
(Eschschoizia califomica, p. 206) et la grande
chélidome (Chelidomum majus, p. 187).
ATTENTION N'utiliser que sur avis médical.
Ne pas consommer car la plante, sauf les
graines, présente des risques d'intoxication.
Papaver somniferum,
(Papavéracées)
PAVOT OFFICINAL
DESCRIPTION Plante annuelle à tige épaisse,
à feuilles nombreuses vert mat et à fleurs
isolées rosés, violettes ou blanches à capsules
globulaires (1 m de haut).
HABITAT ET CULTURE Originaire d'Asie
Mineure, le pavot officinal est aujourd'hui
cultivé dans le monde entier, d'une part,
pour la fabrication de morphine et de
codéine, d'autre part, pour la production
illicite d'opium et d'héroïne. On récolte
les capsules en été, afin de recueillir
et de faire sécher le latex blanc qu'elles
contiennent.
PARTIE UTILISÉE Latex (opium).
CONSTITUANTS Le pavot officinal contient
plus de 40 alcaloïdes de l'opium, dont
la morphine (jusqu'à 20%), la narcotine
(près de 5%), la codéine (environ 1 %)
et la papavérine (environ 1 %). Il comprend
également de l'acide méconique, du
mucilage, des sucres, de la résine et
de la cire.
HISTOIRE ET TRADITIONS Le pavot a été
introduit en Grèce il y a près de 3 000 ans,
avant de s'implanter dans toute l'Europe.
Il apparaît en Chine vers le VII
e siècle. Le
médecin grec Dioscoride (40-90 apr.J.-C.)
avait déjà constaté que «si l'on buvait et se
versait sur la tête une décoction de feuilles
et de fleurs de pavot, on obtenait le meilleur
des somnifères. Des têtes concassées
LES CAPSULES
du pavot officinal
renferment un latex
qui est à l'origine
de la morphine.
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