Jean-Pierre Bourguignon
Jusque vers la fin du XIX e siècle, les « géomètres », comme on appelait
jadis les mathématiciens, étaient peu nombreux. En un siècle, leurs
rangs se sont considérablement renforcés. Aujourd’hui, ils doivent
faire face à une profonde mutation de leur discipline.
au cours du XX
e siècle, la communauté
mathématique a connu une expansion numérique majeure. Elle est passée de quelques centaines de membres en 1900 à des dizaines de
milliers (probablement de l’ordre de 80 000)
100 ans plus tard. Pour faire une estimation
de ce genre, il faut d’abord que l’on s’entende
sur la définition du terme « mathématicien ».
Nous réservons ce nom à ceux et celles ayant
atteint un niveau de formation équivalent à
la thèse de doctorat, et dont la profession
accorde une place véritable à la recherche
mathématique ou à l’assimilation de ses résultats. Ce choix peut être jugé un peu limitatif
car il a par exemple pour effet d’exclure de
notre champ de vision presque tous les professeurs de l’enseignement secondaire — une
catégorie dont le nombre a aussi augmenté
considérablement dans tous les pays du monde
au cours de la deuxième moitié du XX
e siècle.
Cette croissance résulte de plusieurs processus simultanés. Il y a eu tout d’abord, juste
après la Deuxième guerre mondiale, une prise
de conscience de l’importance des sciences
dans le développement économique ou industriel. Par ailleurs, de nouveaux groupes de personnes ont accédé à ces professions. Il en est
ainsi des femmes, certes avec de grandes inégalités d’un pays à l’autre. Mais dans le même
temps, une communauté académique, regroupant les acteurs de l’enseignement supérieur,
a fait son apparition dans presque tous les
pays. Pour ne donner qu’un exemple, les
mathématiciens originaires d’Afrique sub-saharienne ont soutenu leurs premières thèses de
doctorat dans les années 1970, après formation dans une université d’un pays occidental
ou en Union soviétique. La génération suivante a souvent fait ses études sur place : dans
la décennie 1990-2000, de nombreux pays
d’Afrique sub-saharienne ont mis en place des
formations supérieures autonomes et ont, de
ce point de vue, accédé à l’indépendance. Dans
les prochaines années, l’expansion va continuer avec probablement un renforcement
considérable des communautés mathématiques d’autres pays, comme la Chine et l’Inde.
Les mathématiciens en France
et dans le monde
Jusque vers la fin du XIX e siècle, les « géomètres », comme on appelait
jadis les mathématiciens, étaient peu nombreux. En un siècle, leurs
rangs se sont considérablement renforcés. Aujourd’hui, ils doivent
faire face à une profonde mutation de leur discipline.
au cours du XX
e siècle, la communauté
mathématique a connu une expansion numérique majeure. Elle est passée de quelques centaines de membres en 1900 à des dizaines de
milliers (probablement de l’ordre de 80 000)
100 ans plus tard. Pour faire une estimation
de ce genre, il faut d’abord que l’on s’entende
sur la définition du terme « mathématicien ».
Nous réservons ce nom à ceux et celles ayant
atteint un niveau de formation équivalent à
la thèse de doctorat, et dont la profession
accorde une place véritable à la recherche
mathématique ou à l’assimilation de ses résultats. Ce choix peut être jugé un peu limitatif
car il a par exemple pour effet d’exclure de
notre champ de vision presque tous les professeurs de l’enseignement secondaire — une
catégorie dont le nombre a aussi augmenté
considérablement dans tous les pays du monde
au cours de la deuxième moitié du XX
e siècle.
Cette croissance résulte de plusieurs processus simultanés. Il y a eu tout d’abord, juste
après la Deuxième guerre mondiale, une prise
de conscience de l’importance des sciences
dans le développement économique ou industriel. Par ailleurs, de nouveaux groupes de personnes ont accédé à ces professions. Il en est
ainsi des femmes, certes avec de grandes inégalités d’un pays à l’autre. Mais dans le même
temps, une communauté académique, regroupant les acteurs de l’enseignement supérieur,
a fait son apparition dans presque tous les
pays. Pour ne donner qu’un exemple, les
mathématiciens originaires d’Afrique sub-saharienne ont soutenu leurs premières thèses de
doctorat dans les années 1970, après formation dans une université d’un pays occidental
ou en Union soviétique. La génération suivante a souvent fait ses études sur place : dans
la décennie 1990-2000, de nombreux pays
d’Afrique sub-saharienne ont mis en place des
formations supérieures autonomes et ont, de
ce point de vue, accédé à l’indépendance. Dans
les prochaines années, l’expansion va continuer avec probablement un renforcement
considérable des communautés mathématiques d’autres pays, comme la Chine et l’Inde.
Les mathématiciens en France
et dans le monde
