Gilles Lachaud
Pour détecter et corriger les inévitables erreurs qui affectent
les échanges d’information numérisée, les spécialistes du codage
en appellent à des méthodes abstraites
qui relèvent de l’algèbre ou de la géométrie.
nous sommes en pleine ère numérique.
Qu’est-ce que cela veut dire? Tout simplement
qu’une partie énorme des informations échangées à travers la planète est matériellement
représentée sous la forme de nombres.
Messages électroniques, téléphonie mobile,
transactions bancaires, téléguidage de satellites, télétransmission d’images, disques CD ou
DVD, etc. : dans tous ces exemples, l’information est traduite — on dit codée (à ne pas
confondre avec cryptée) — en suites de
nombres entiers, et correspondant physiquement à des signaux électriques ou autres. Plus
précisément même, l’information est généralement codée sous forme de suites de chiffres
binaires — des 0 ou des 1, appelés aussi bits.
Par exemple, dans le code ASCII (American
Standard Code for Information Interchange)
utilisé par les micro-ordinateurs, le A majuscule est codé par l’octet (séquence de 8 bits)
01000001, le B majuscule par 01000010, etc.
Un problème majeur de la transmission de
l’information est celui des erreurs. Il suffit
d’une petite rayure sur un disque, d’une perturbation de l’appareillage, ou d’un quelconque phénomène parasite pour que le message transmis comporte des erreurs, c’est-à-dire
des « 0 » qui ont malencontreusement été
changés en « 1 », ou inversement. Or l’un des
nombreux atouts du numérique est la possibilité de détecter, et même de corriger, de
telles erreurs !
Communiquer sans erreurs :
les codes correcteurs
Le Matrimandir à Auroville (Tamil Nadu, Inde), géode construite
par l’architecte français Roger Anger. Dans la conception de codes
correcteurs efficaces, on rencontre des problèmes apparentés à des questions difficiles de pure géométrie, comme celui de recouvrir une sphère
par le plus grand nombre possible de disques de même taille, sans
qu’ils se chevauchent.
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