nomiques. Enfin, dans des circonstances plus
complexes que la vente d’un simple objet, la
théorie permet de concevoir des généralisations des simples enchères pour optimiser
davantage encore soit le revenu du vendeur,
soit le bien-être social si l’organisateur des
enchères est un État soucieux de cet aspect
des choses. On a ainsi pu, grâce aux mathématiques, comprendre le sens et l’intérêt d’une
pratique ancestrale et, par suite, transformer
cette intuition humaine en un vrai outil de
développement économique.
Avec Internet et les nouvelles technologies de communication, les enchères trouvent
un champ immense d’expérimentations. Le
réseau Internet offre à ce système de vente de
nouvelles possibilités, que la théorie aidera à
évaluer et à exploiter. Par exemple, dans une
vente aux enchères, un vendeur anonyme
devrait a priori souffrir de l’asymétrie d’information — lui seul connaît la qualité des
biens qu’il vend — et ne réussir qu’à obtenir
un prix de vente très faible; mais par des ventes
répétées d’objets de qualité a priori inconnue
des acheteurs potentiels, il va pouvoir petit à
petit se construire une réputation, grâce aux
commentaires qu’apporteront ses anciens
acheteurs. La qualité des échanges pourra donc
être améliorée en créant un lieu où peuvent
se bâtir des réputations de qualité et d’honnêteté, ce à quoi se prête aisément un site
Internet.
Jean-Jacques Laffont
Institut d’économie industrielle,
Université des sciences sociales,
Manufacture des tabacs, Toulouse
60
L’explosion des mathématiques
Quelques références :
• I. Ekeland, La théorie des jeux et ses applications
à l’économie mathématique (P.U.F., 1974)
• A. Cournot (1838), Recherche sur les principes
mathématiques de la théorie des richesses
(Calmann-Lévy, Paris, rééd. 1974).
• J. Crémer et J.-J. Laffont, « Téléphonie
mobile », Commentaire, 93, 81-92 (2001).
• L. Friedman, « A Competitive bidding strategy »,
Operations Research, 4, 104-112 (1956).
• J. Harsanyi, « Games with incomplete information
played by bayesian players », Management Science,
14, 159-182, 320-134, 486-502 (1967-1968).
• J.-J. Laffont, « Game theory and empirical economics : the case of auction data », European
Economic Review, 41, 1-35 (1997).
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