Bernard Prum
Les développements de la biologie moderne, et notamment ceux
de la génétique moléculaire, exigent de nouveaux outils
mathématiques. Exemple avec la statistique et son rôle dans
la recherche d’un gène lié au cancer du sein.
d’i nnombrables maladies ont une composante héréditaire : le risque d’être atteint
est plus ou moins élevé chez un individu selon
qu’il est porteur ou non d’un gène dit de susceptibilité à la maladie en question. C’est pourquoi la génétique d’aujourd’hui cherche à
comprendre le rôle des différents gènes, et en
particulier leur rôle dans l’étiologie des maladies — dans l’espoir de mettre au point un
jour une thérapie. Prenons comme exemple
le cancer du sein qui, en France, touche ou
touchera environ une femme sur huit. À côté
de divers facteurs de risque (alimentation,
tabac, exposition aux radiations, etc.), on a
identifié il y a quelques années un gène dont
les mutations sont impliquées dans un pourcentage élevé de femmes atteintes d’un tel
cancer. Ce gène a été baptisé BRCA1 (pour
breast cancer 1). Un tel résultat, de nature biomédicale, n’a pu être obtenu que par une succession d’analyses statistiques qui, nous allons
le voir, ont permis de localiser le gène de façon
de plus en plus précise.
Trouver un gène
responsable de cancer
Dans cette mammographie en fausses couleurs, une tumeur cancéreuse est visible en rose. Une partie des recherches sur les cancers du sein
sont consacrées à leur aspect génétique. La théorie des statistiques y joue
un rôle capital. (Cliché Kings College School/SPL/Cosmos)
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