Des débouchés d’autant plus
nombreux que la formation laisse de
la place à d’autres disciplines
Les débouchés qui s’offrent aux diplômés
en mathématiques ? Pour ceux qui sont allés
jusqu’au doctorat et au-delà, les voies naturelles sont la recherche et l’enseignement supérieur : des organismes de recherche publique
comme le CNRS, l’INRIA, le CEA, l’ONERA, etc.,
mais aussi de grandes sociétés comme la RATP
ou EDF-GDF, recrutent des chercheurs, et les
universités recrutent des enseignants-chercheurs ; de même, les Grandes écoles ou les
écoles d’ingénieurs recrutent des enseignants
et, dans les cas où elles possèdent des laboratoires de recherche, des chercheurs.
Cependant, le nombre de postes offerts par
la recherche et l’enseignement supérieur ne
sont pas très nombreux, et cette voie est donc
très sélective. À titre d’illustration, le CNRS
(Centre national de recherche scientifique)
recrute une quinzaine de jeunes « chargés de
recherche » mathématiciens par an (20 en
1995, 13 en 1997), les universités une centaine
de « maîtres de conférences » (116 en 1995,
111 en 1997) ; ces chiffres sont à comparer au
nombre de diplômes de doctorat délivrés en
mathématiques, qui tourne autour de 350400 annuellement (en France).
Les entreprises privées, quant à elles,
embauchent traditionnellement des ingénieurs ; peu de mathématiciens (au sens de
chercheurs) y trouvent place. Cependant, la
nécessité de recherches mathématiques pointues se fait sentir dans un nombre croissant de
domaines (finance, assurance, informatique,
télécommunications numériques, robotique,
industrie aéronautique et spatiale, recherche
pétrolière, etc.). Aussi, la présence de mathématiciens dans les entreprises est appelée à
augmenter ; et une telle intégration se fera
d’autant plus aisément que la formation du
mathématicien aura comporté des ouvertures
vers d’autres disciplines (voir l’encadré).
À un niveau moins élevé que le doctorat,
les études mathématiques offrent des débouchés plus nombreux, mais les métiers correspondants s’éloignent de celui de mathématicien à proprement parler. Une voie
numériquement importante est l’enseignement secondaire : le métier d’enseignant en
lycée est accessible après une licence ou une
maîtrise, puis une année de préparation au
concours du CAPES (après licence) ou de l’agrégation (après maîtrise). Mais il y a une kyrielle
de possibilités d’emplois faisant appel à des
compétences mathématiques, dans les
banques, dans les assurances, en informatique,
dans les services de « recherche et développement » des entreprises, etc. À condition que
les études aient inclus une ou plusieurs spécialités en plus des mathématiques, le risque
de se retrouver sans travail est bien faible.
Maurice Mashaal
journaliste scientifique
Comment devenir mathématicien ?
103
Quelques références :
• Infosup n° 189, janvier-février 2001 (Dossier
de l’ONISEP sur les études universitaires de
mathématiques et leurs débouchés).
• Site Internet de l’ONISEP (Office national
d’information sur les enseignements et les
professions) : http://www.onisep.fr.
• Mathématiques à venir - où en est-on à la veille
de l’an 2000 ? supplément au n° 75 de la
Gazette des mathématiciens, publié par la SMF
et la SMAI (1997).
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