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Informatique médicale, e-Santé
Dès 1983, dans 1 son article 2 , Bainbridge soulignait que « …l’intérêt croissant
des ingénieurs pour les facteurs humains reflète l’ironie du fait que plus un
système de contrôle est avancé, plus est cruciale la contribution de l’opérateur humain » (pp. 775, notre traduction). Ce constat, réalisé dans le cadre des
systèmes de conduite de processus industriel ou d’engins, a permis l’apparition
de deux changements majeurs : d’une part, la prise en compte de l’activité des
professionnels lors de la conception de systèmes, et d’autre part leur intégration
dans la boucle de contrôle, leur permettant de jouer leur rôle de superviseur.
1. Vezyridis P, P P Timmons S, Wharrad H (2011) Going paperless at the emergency department:
a socio-technical study of an information system for patient tracking. Int J Med Inform 80:
455-65.
2. Bainbridge L (1983) Ironies of automation. Automatica 19: 775-9
Exemple de la mise en place d’un système d’information
dans un service d’urgence au Royaume-Uni 1
La mise en place d’un système d’information patient dans un service
d’urgence anglais avait pour objectif d’assurer la virtualisation des
dossiers des patients du service, leur traçabilité au sein du service (ou
d’autres) et le partage des données médicales dans l’équipe du service
(infirmières et médecins).
Le système a été suivi pendant 4 ans afin de vérifier si, dans la pratique
courante du service, le système pouvait remplacer le fonctionnement
antérieur de type « papier et tableau blanc ». Il est ainsi apparu que
certains modes de fonctionnement avaient été modifiés et acceptés.
Le tableau blanc avait été remplacé avec soulagement par le système
traçant en temps réel non seulement le patient à la fois dans le
département et les autres services mais aussi l’occupation des lits, ce qui
a amélioré la gestion des ressources.
De même, les informations partagées sur l’état de l’ensemble des
patients et du cours de leurs traitements ont permis aux personnels de
se réajuster au niveau organisationnel, en se redéployant en fonction des
besoins et du contexte.
En revanche, le suivi au lit du patient, est resté « traditionnel », le dossier
médical papier est resté utilisé, les demandes d’examens radios sont
restées manuelles, les solutions proposées étant des postes fixes, peu
nombreux et mal placés vis-à-vis du lit du patient, les interfaces peu
intuitives et les « plantages systèmes » nombreux.
Dans ce cas de figure, le système a bien modifié les activités et l’organisation
des professionnels du service, en améliorant le suivi collectif des patients
mais n’a pas été utilisé à ses pleines capacités, essentiellement pour des
raisons de mauvaise ergonomie, qu’il s’agisse de l’aménagement spatial
ou de l’outil lui-même.
Informatique médicale, e-Santé
Dès 1983, dans 1 son article 2 , Bainbridge soulignait que « …l’intérêt croissant
des ingénieurs pour les facteurs humains reflète l’ironie du fait que plus un
système de contrôle est avancé, plus est cruciale la contribution de l’opérateur humain » (pp. 775, notre traduction). Ce constat, réalisé dans le cadre des
systèmes de conduite de processus industriel ou d’engins, a permis l’apparition
de deux changements majeurs : d’une part, la prise en compte de l’activité des
professionnels lors de la conception de systèmes, et d’autre part leur intégration
dans la boucle de contrôle, leur permettant de jouer leur rôle de superviseur.
1. Vezyridis P, P P Timmons S, Wharrad H (2011) Going paperless at the emergency department:
a socio-technical study of an information system for patient tracking. Int J Med Inform 80:
455-65.
2. Bainbridge L (1983) Ironies of automation. Automatica 19: 775-9
Exemple de la mise en place d’un système d’information
dans un service d’urgence au Royaume-Uni 1
La mise en place d’un système d’information patient dans un service
d’urgence anglais avait pour objectif d’assurer la virtualisation des
dossiers des patients du service, leur traçabilité au sein du service (ou
d’autres) et le partage des données médicales dans l’équipe du service
(infirmières et médecins).
Le système a été suivi pendant 4 ans afin de vérifier si, dans la pratique
courante du service, le système pouvait remplacer le fonctionnement
antérieur de type « papier et tableau blanc ». Il est ainsi apparu que
certains modes de fonctionnement avaient été modifiés et acceptés.
Le tableau blanc avait été remplacé avec soulagement par le système
traçant en temps réel non seulement le patient à la fois dans le
département et les autres services mais aussi l’occupation des lits, ce qui
a amélioré la gestion des ressources.
De même, les informations partagées sur l’état de l’ensemble des
patients et du cours de leurs traitements ont permis aux personnels de
se réajuster au niveau organisationnel, en se redéployant en fonction des
besoins et du contexte.
En revanche, le suivi au lit du patient, est resté « traditionnel », le dossier
médical papier est resté utilisé, les demandes d’examens radios sont
restées manuelles, les solutions proposées étant des postes fixes, peu
nombreux et mal placés vis-à-vis du lit du patient, les interfaces peu
intuitives et les « plantages systèmes » nombreux.
Dans ce cas de figure, le système a bien modifié les activités et l’organisation
des professionnels du service, en améliorant le suivi collectif des patients
mais n’a pas été utilisé à ses pleines capacités, essentiellement pour des
raisons de mauvaise ergonomie, qu’il s’agisse de l’aménagement spatial
ou de l’outil lui-même.
