Informatique biomédicale et recherche en santé – Informatique translationnelle
469
d’activité (de recherche ou de soin), que le partage d’information entre ces SI
hétérogènes qui ont été développés de façon cloisonnée (en « silo »).
Avec le développement des différents SI cliniques au sein des cabinets médicaux (voir chapitre 15), des hôpitaux (voir chapitre 12), des réseaux de santé ou
au plan national (voir chapitre 13), les données clinico-biologiques collectées
dans le cadre du soin (diagnostics, résultats de biologie, d’analyse génétiques,
d’imagerie, prescriptions, etc.) sont devenues plus accessibles et potentiellement utilisables dans un contexte de recherche et de santé publique.
Des initiatives de plus en plus nombreuses visent à définir les modalités d’intégration des systèmes d’informations cliniques (Dossiers Patients Informatisés,
Systèmes d’Information de laboratoires ou de radiologie, Systèmes d’Information Hospitaliers) ou au plan national (Dossier Médical Personnel) et ceux de
la recherche clinique et de la santé publique.
La figure 3 présente différentes situations de réutilisation des données de santé
dans un contexte de recherche : accès aux données de santé pour évaluer la
faisabilité d’une étude biomédicale ou pour inclure plus vite et mieux des
patients dans une étude, réutilisation des données pour préremplir des cahiers
d’observation de recherche clinique, intégration des données de santé (phénotype), socio-démographiques aux données « omics », etc. Les traitements de
données (accès, intégration) doivent s’envisager aux échelons local, régional,
national et international.
18.3 Les enjeux de l’informatique biomédicale en recherche
et santé publique (hors enjeux technologiques)
L’informatique biomédicale en recherche, et notamment la mise en place
d’infrastructures informatique de recherche translationnelle, représente des
enjeux pour les acteurs concernés (patients, professionnels de santé, professionnels de la recherche clinique, épidémiologistes, chercheurs, décideurs en
santé publique) qui ne sont pas seulement techniques (traités plus loin au paragraphe Les enjeux technologiques de l’informatique biomédicale en recherche
et santé publique) mais également organisationnels, réglementaires et éthiques.
Le décloisonnement des établissements de santé et de recherche et notamment
l’utilisation des données de santé des établissements de santé à des fins de
recherche nécessite de bien définir le cadre permettant le changement de finalité
de traitement de données initialement collectées dans un contexte de coordination des soins (gouvernance des données, gestion de la qualité des données).
18.3.1 Enjeux pour les patients, les professionnels de santé, les chercheurs
Un projet d’infrastructure informatique de recherche translationnelle se
conduit avec les acteurs concernés (patients, professionnels de santé, professionnels de la recherche clinique, biostatisticiens, épidémiologistes, chercheurs,
décideurs en santé publique) et nécessite de bien identifier leurs attentes.
Précédent

- 470/525

Suivant