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Informatique médicale, e-Santé
Il existe tout d’abord une information de base, toujours disponible. Dans le
secteur de l’hospitalisation, les établissements ont l’obligation de recueillir des
informations sur les patients et leur prise en charge (diagnostics, actes, démographie, etc.) dans le cadre du PMSI (programme de médicalisation des systèmes
d’information). En médecine de ville, de nombreuses autres informations sont
systématiquement recueillies pour permettre le remboursement des soins et biens
médicaux (consultations, médicaments, appareillages, etc.). De plus, certains
établissements et cabinets de ville peuvent produire des enregistrements informatisés des résultats de biologie et des médicaments administrés aux patients.
Cette information de base peut être enrichie notamment par les informations
recueillies par les dispositifs de télésurveillance, comme par exemple les capteurs
d’oxymétrie à domicile, les stimulateurs cardiaques, les pèse-personnes, etc.
Toutes ces informations permettent de constituer et d’exploiter des entrepôts
de données. Les informations utiles à la facturation et au remboursement des
soins et biens médicaux constituent de gigantesques entrepôts de données
dont le format est homogène. Pour la seule année 2010, on dénombre plus de
17 millions de dossiers en court séjour, plus de 1,2 millions en moyen séjour,
quasiment 1 million en psychiatrie et plus de 150 000 séjours en hospitalisation
à domicile 1 .
17.5.2 Les problèmes liés à la constitution des entrepôts de données
La constitution de tels entrepôts pose certains problèmes de confidentialité,
d’interopérabilité, et de méthodologie d’analyse.
Dès lors qu’il s’agit de données médicales, tout doit être fait pour qu’il ne soit
pas possible d’identifier les patients dont les informations médicales (notamment les diagnostics) sont décrites dans l’entrepôt, y compris indirectement
par recoupement (art. L. 1110-4 du code de la Santé Publique, modifié par Loi
n° 2004-810 du 13 août 2004 art. 2). Cette contrainte de confidentialité entre
en contradiction avec la nécessité pourtant de recouper toutes les informations
issues d’un même patient, non pas pour l’identifier, mais pour envisager le
contexte complet de déroulement des soins.
Le deuxième problème est un problème d’interopérabilité, c’est-à-dire la nécessité de fusionner des données hétérogènes issues de bases de données différentes. Cet aspect est détaillé dans le chapitre 13.
Le troisième problème est lié à la complexité et au volume des données. Les
données sont de grandes dimensions, à la fois en termes de nombre d’individus,
de nombre de variables mais aussi de relations entre ces variables. Cette caractéristique rend impossible l’usage des méthodes statistiques traditionnelles. De
plus, de nombreuses données sont répétées dans le temps, comme les différentes mesures d’un paramètre biologique, et nécessitent des méthodes d’analyse très spécifiques.
1. Statistiques disponibles sur le site http://www.atih.sante.fr
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