L’aide à la décision en santé publique
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médicaux et non médicaux ou de maîtriser certains facteurs de confusion
imposent de s’appuyer sur des travaux de modélisation multivariée relevant
de l’épidémiologie analytique et prédictive et continuent de reposer sur des
études statistiques ad hoc. Il en va de même pour la majorité des indicateurs composites complexes (taux d’incidence cumulés pour des événements
concurrents, indicateurs de qualité de vie, QALY par exemple). Si la production de ces indicateurs composites complexes à partir des données sources
originelles ne relève pas des SID, il est en revanche possible, quand cela est
pertinent, d’intégrer ces indicateurs calculés en dehors du SID comme des
sources de données à perforer selon des axes d’analyse prédéfinis. Un SID en
santé ne couvre donc qu’une partie des besoins pour l’aide à la décision. La
maîtrise d’œuvre et les développeurs des SID en santé devront savoir assumer
ces limites, ne pas sous-estimer la complexité des domaines sur lesquels ils
interviennent et connaître le type et les modes de calculs des principaux
indicateurs épidémiologiques et médico-économiques simples et composites
raisonnablement implantables dans un SID.
Indicateurs épidémiologiques et médico-économiques
Pour mesurer les besoins de santé dans une région, l’épidémiologie s’intéresse volontiers à un taux d’incidence ou de prévalence, nécessitant de dénombrer les malades qui résident dans la région, quel que soit leur lieu de traitement,
et de le rapporter à l’effectif de la population régionale s’il s’agit d’un taux brut
(nombre de cas par millions d’habitants), ou de l’ajuster sur une population de
référence s’il s’agit d’un taux standardisé, permettant alors des comparaisons
entre régions.
Pour mesurer les moyens à mettre en œuvre afin d’assurer la prise en
charge des malades, les offreurs de soins et les autorités de santé publique
de la région sont beaucoup plus concernés par le nombre brut de malades
traités dans la région, quel que soit leur lieu de résidence. Ces grandeurs
sont en effet plus concrètes et facilement transposables en chiffre d’affaire
ou en dépense de santé : « on ne soigne pas des taux standardisés, mais des
malades ». Ces indicateurs ne sont pas antinomiques mais complémentaires.
Dès lors que l’on veut mieux comprendre un processus sanitaire et ses déterminants médicaux et non médicaux pour en optimiser les modalités de prise
en charge, les deux approches médico-économiques et épidémiologiques
doivent être menées de front. Les concepteurs des systèmes d’information
décisionnels se trouvent ainsi confrontés à une certaine ambivalence quand
les mêmes données sont agrégées de manière différentes pour construire
des indicateurs assez proches, relevant tantôt du champ de l’épidémiologie,
tantôt de l’économie de santé.
Les principaux indicateurs épidémiologiques simples transversaux et longitudinaux qui peuvent être implantés dans un SID sont présentés dans les encadrés
ci-dessous. Les principaux indicateurs médico-économiques utilisés pour l’aide
à la décision ont été présentés dans le chapitre 9.
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