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266 Biostatistiques pour le clinicien
Les études avec recueil prospectif des données sont surtout intéressantes et utiles lorsque le délai pressenti entre l’exposition aux facteurs
de risque et l’apparition d’une maladie est relativement bref et que
l’incidence de la maladie est élevée.
En revanche, les délais d’observation peuvent être trop longs. Par
exemple, pour l’exposition à l’amiante, il aurait fallu attendre 30 ans
de recueil prospectif des données avant que les mésothéliomes apparaissent pour se rendre compte que l’amiante augmentait leur risque
de survenue.
Au pire, lorsque l’exposition est assez fréquente et distribuée de
manière hétérogène dans la population et que les événements (maladie, décès) sont rares ou surviennent tardivement après l’exposition
au facteur de risque potentiel, l’étude de cohortes est pratiquement
impossible à réaliser. Par exemple, pour avoir 95 % de chances de
détecter un cas d’une maladie dont la fréquence serait de 1/10 000, il
faudrait suivre 30 000 personnes. La constitution d’une telle cohorte
présenterait des difficultés logistiques difficilement surmontables et un
coût considérable alors que quelques cas et leurs témoins permettent
parfois de reconnaître d’éventuelles relations entre l’exposition à un
facteur de risque et l’apparition d’une maladie.
Le tableau II montre les données qui peuvent guider le choix d’une
méthode épidémiologique.
Tableau II – Choix d’un type d’étude épidémiologique
en fonction des possibilités.
1. Maladies rares ou dont le délai de survenue après l’exposition au facteur de risque
est très long ou bien que l’on a besoin d’une réponse rapide, par exemple en cas
d’alerte sanitaire :
o Étude cas-témoins.
2. Maladies assez fréquentes, mais dont le délai de survenue après l’exposition au
facteur de risque est long :
o Cohortes « historiques ».
3. Maladies dont l’incidence est élevée et le délai de survenue après l’exposition au
facteur de risque est relativement bref :
o Cohortes avec recueil prospectif des données.
Cette dernière méthode est celle qui est le moins sujette à des biais. Au mieux,
l’allocation des sujets dans le groupe exposé ou non exposé est réalisée par tirage au
sort : c’est l’essai randomisé, mais qui, en dehors d’une perspective de prévention, est
peu praticable en épidémiologie pour des raisons éthiques.
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