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166 Biostatistiques pour le clinicien
À partir des effectifs de ces quatre sous-groupes, il est possible de
mesurer à l’aide de variables qualitatives la valeur du signe étudié dans
la maladie [1]. Ces outils de mesure sont des applications des probabilités conditionnelles et du théorème de Bayes [2].
Sensibilité et spécificité (tableau II)
Tableau II – Sensibilité et spécificité d’un signe.
M +
M –
Total
S +
a
b
a + b
S –
c
d
c + d
Total
a + c
b + d
N
La sensibilité (Se) est égale à a / (a + c).
La spécificité (Sp) est égale à : d / (b + d).
La sensibilité
La sensibilité d’un signe est le pourcentage de cas où il est présent
chez les malades, ce que l’on peut encore exprimer en disant que c’est
la probabilité du signe s’il y a la maladie. Elle est estimée par le rapport
du nombre de malades chez lesquels le signe est présent (a) au nombre
de malades (a + c).
Un signe est d’autant plus sensible qu’il est souvent présent dans la
maladie. Si c = 0, c’est-à-dire pas de « faux négatifs », la sensibilité du
signe est égale à 1 (ou 100 %), ce qui signifie que le signe est toujours
présent chez les malades. C’est le cas de la fièvre dans la typhoïde, ou
de l’élévation des transaminases dans les hépatites. Beaucoup d’études
qui concernent l’évaluation d’un moyen diagnostique sont rétrospectives et ne portent que sur des patients atteints d’une maladie, chez
lesquels un examen complémentaire a été étudié. De ce fait, elles ne
peuvent apprécier que la sensibilité de cet examen, ce qui en limite
beaucoup l’intérêt comme nous allons le voir.
La spécificité
La spécificité d’un signe dans une population mesure le pourcentage de sujets chez lesquels il est absent parmi ceux qui n’ont pas la
maladie. En termes de probabilité, la spécificité estime la probabilité
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