Michel Huguier et Pierre-Yves Boëlle, Biostatistiques pour le clinicien
ISBN : 978-2-8178-0463-7, © Springer-Verlag Paris 2013
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Comparaisons cherchant à montrer
une équivalence
Les essais « classiques » ont pour objectif de déterminer si une
innovation, que ce soit un nouvel examen radiologique ou un nouveau
traitement, apporte réellement un progrès par rapport à un examen
ou à un traitement antérieur, de référence. Comme nous l’avons
expliqué, la méthode consiste à supposer a priori qu’il n’y a pas de
différence entre l’ancien traitement et le nouveau : c’est l’hypothèse
nulle. Si cette hypothèse est infirmée, on en déduit que le nouveau
traitement est supérieur à l’ancien. Si l’hypothèse nulle est confirmée,
on a tendance à déduire, de l’absence de différence significative, qu’il y
a équivalence entre les deux traitements. Cette démarche est erronée :
rejeter l’hypothèse d’une différence entre deux traitements ne permet
pas de conclure qu’il y a équivalence entre ces deux traitements.
Or, s’assurer d’une équivalence entre deux examens ou entre deux
traitements est important. Ainsi, en recherche pharmacologique de
bioéquivalence, on est souvent amené à se demander si une nouvelle
molécule, qui a moins de contreparties qu’une autre, entraîne le même
effet biologique qu’une molécule standard antérieure. Il est encore utile
de savoir si une nouvelle forme d’administration, gélule per os, offre la
même biodisponibilité qu’un soluté injectable. En recherche clinique,
on est confronté aux mêmes problèmes ; par exemple, entre une
molécule princeps et un générique ou encore en oncologie entre différents modes d’administration d’une chimiothérapie dans un cancer.
Toujours en oncologie, une chimiothérapie peut donner d’excellents
résultats antitumoraux, mais au prix de contreparties sévères, ce qui
incite à élaborer de nouveaux traitements mieux tolérés, mais dont
on cherche à s’assurer qu’ils sont aussi efficaces ou du moins non
inférieurs aux anciens (essais de désescalade).
Contrairement à la démarche qui cherche à prouver la supériorité d’un
traitement par rapport à un autre, dans les études d’équivalence, on
part de l’hypothèse inverse : celle qu’il y a une différence d’effet entre
les deux traitements. Si cette hypothèse est infirmée, on en déduit qu’il
ISBN : 978-2-8178-0463-7, © Springer-Verlag Paris 2013
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Comparaisons cherchant à montrer
une équivalence
Les essais « classiques » ont pour objectif de déterminer si une
innovation, que ce soit un nouvel examen radiologique ou un nouveau
traitement, apporte réellement un progrès par rapport à un examen
ou à un traitement antérieur, de référence. Comme nous l’avons
expliqué, la méthode consiste à supposer a priori qu’il n’y a pas de
différence entre l’ancien traitement et le nouveau : c’est l’hypothèse
nulle. Si cette hypothèse est infirmée, on en déduit que le nouveau
traitement est supérieur à l’ancien. Si l’hypothèse nulle est confirmée,
on a tendance à déduire, de l’absence de différence significative, qu’il y
a équivalence entre les deux traitements. Cette démarche est erronée :
rejeter l’hypothèse d’une différence entre deux traitements ne permet
pas de conclure qu’il y a équivalence entre ces deux traitements.
Or, s’assurer d’une équivalence entre deux examens ou entre deux
traitements est important. Ainsi, en recherche pharmacologique de
bioéquivalence, on est souvent amené à se demander si une nouvelle
molécule, qui a moins de contreparties qu’une autre, entraîne le même
effet biologique qu’une molécule standard antérieure. Il est encore utile
de savoir si une nouvelle forme d’administration, gélule per os, offre la
même biodisponibilité qu’un soluté injectable. En recherche clinique,
on est confronté aux mêmes problèmes ; par exemple, entre une
molécule princeps et un générique ou encore en oncologie entre différents modes d’administration d’une chimiothérapie dans un cancer.
Toujours en oncologie, une chimiothérapie peut donner d’excellents
résultats antitumoraux, mais au prix de contreparties sévères, ce qui
incite à élaborer de nouveaux traitements mieux tolérés, mais dont
on cherche à s’assurer qu’ils sont aussi efficaces ou du moins non
inférieurs aux anciens (essais de désescalade).
Contrairement à la démarche qui cherche à prouver la supériorité d’un
traitement par rapport à un autre, dans les études d’équivalence, on
part de l’hypothèse inverse : celle qu’il y a une différence d’effet entre
les deux traitements. Si cette hypothèse est infirmée, on en déduit qu’il
