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100 Biostatistiques pour le clinicien
l’augmentation du nombre de critères de jugement. L’interprétation
des différences observées concernant les critères de jugement secondaires ou des sous-groupes doit donc être d’autant plus prudente
que ceux-ci sont nombreux [6], surtout si les auteurs n’ont pas pris
les mêmes précautions concernant les calculs des effectifs que pour
des analyses intermédiaires. Cette malfaçon est assez fréquente. Pour
des auteurs qui ont fait un essai randomisé qui ne montre pas de
différence significative concernant le critère de jugement principal,
une manière de « sauver » leur travail est de multiplier les critères de
jugement secondaires ou les analyses de sous-groupes, ce qui permet
d’augmenter les chances que l’un des tests soit significatif, alors qu’il
relève du risque global de première espèce.
Les réticences des comités scientifiques des périodiques médicaux et
des maisons d’édition à publier des essais randomisés dont les résultats
ne montrent pas de différence statistiquement significative entre les
deux sujets qui ont été comparés, contribuent à favoriser ces « rattrapages » qui constituent autant de biais d’autant plus critiquables
que les auteurs n’indiquent généralement pas le nombre de critères
de jugement secondaires ou de sous-groupes qui ont fait l’objet de
tests d’inférence statistique. Un des objectifs du dépôt des protocoles
sur le site clinicaltrials.gov est d’éviter ce qui constitue une véritable
malfaçon.
Références
1. Doyon F, Com-Nougué C (1983) Qu’est-ce qu’un test ? Les principaux tests
statistiques. La Revue du Praticien 33: 947-54
2. Reitsma ML, Vanderkerkhof EG, Johnston SC, Hopman WM (2011) Does
health-related quality of life improve in women following gynaecological
surgery? J Obstet Gynaecol Can 33:1241-7
3. Bland JM (2004) The logrank test. BMJ 328: 1073 et 1412
4. Freiman JA, Chalmers TC, Smith H, Kuebler RR (2001) The importance of beta,
the type II of error and sample size in the design and interpretation of the
randomized controlled trial. Survey of 71 “Négative” trials. N Engl J Med 345:
825-7
5. Chen HS, Li JQ, Zheng Y, Guo RP, et al. (2006) A prospective randomized trial
comparing percutaneous local elective therapy and partial hepatectomy for
small hepatocellular carcinoma. Ann Surg 243: 21-8
6. Pocock SJ, Hughes MD, Lee RJ (1987) Statistical problems in reporting of
clinical trials. A survey of medical journals. N Engl J Med 317: 426-32
100 Biostatistiques pour le clinicien
l’augmentation du nombre de critères de jugement. L’interprétation
des différences observées concernant les critères de jugement secondaires ou des sous-groupes doit donc être d’autant plus prudente
que ceux-ci sont nombreux [6], surtout si les auteurs n’ont pas pris
les mêmes précautions concernant les calculs des effectifs que pour
des analyses intermédiaires. Cette malfaçon est assez fréquente. Pour
des auteurs qui ont fait un essai randomisé qui ne montre pas de
différence significative concernant le critère de jugement principal,
une manière de « sauver » leur travail est de multiplier les critères de
jugement secondaires ou les analyses de sous-groupes, ce qui permet
d’augmenter les chances que l’un des tests soit significatif, alors qu’il
relève du risque global de première espèce.
Les réticences des comités scientifiques des périodiques médicaux et
des maisons d’édition à publier des essais randomisés dont les résultats
ne montrent pas de différence statistiquement significative entre les
deux sujets qui ont été comparés, contribuent à favoriser ces « rattrapages » qui constituent autant de biais d’autant plus critiquables
que les auteurs n’indiquent généralement pas le nombre de critères
de jugement secondaires ou de sous-groupes qui ont fait l’objet de
tests d’inférence statistique. Un des objectifs du dépôt des protocoles
sur le site clinicaltrials.gov est d’éviter ce qui constitue une véritable
malfaçon.
Références
1. Doyon F, Com-Nougué C (1983) Qu’est-ce qu’un test ? Les principaux tests
statistiques. La Revue du Praticien 33: 947-54
2. Reitsma ML, Vanderkerkhof EG, Johnston SC, Hopman WM (2011) Does
health-related quality of life improve in women following gynaecological
surgery? J Obstet Gynaecol Can 33:1241-7
3. Bland JM (2004) The logrank test. BMJ 328: 1073 et 1412
4. Freiman JA, Chalmers TC, Smith H, Kuebler RR (2001) The importance of beta,
the type II of error and sample size in the design and interpretation of the
randomized controlled trial. Survey of 71 “Négative” trials. N Engl J Med 345:
825-7
5. Chen HS, Li JQ, Zheng Y, Guo RP, et al. (2006) A prospective randomized trial
comparing percutaneous local elective therapy and partial hepatectomy for
small hepatocellular carcinoma. Ann Surg 243: 21-8
6. Pocock SJ, Hughes MD, Lee RJ (1987) Statistical problems in reporting of
clinical trials. A survey of medical journals. N Engl J Med 317: 426-32
