Chapitre 1
Premiers concepts
Nous introduisons la statistique comme la science de la variabilité. Voici les
données d’une expérience en biologie au cours de laquelle on a mesuré la hauteur
(en cm) de n = 60 spécimens d’Onobrychis viciifolia (une plante herbacée
vivace) après une culture de six mois
1 :
21 21 23 22 23 29 24 21 18 23 19 18 20 24 20
20 19 19 22 21 18 20 23 17 20 25 23 21 14 18
29 28 28 14 28 26 22 22 22 29 19 26 16 17 23
18 25 22 20 22 18 32 26 21 20 27 20 19 19 18
La biologie étant une science non exacte, on observe de la variabilité : toutes
les plantes n’ont pas atteint la même hauteur. Cette variabilité pose un certain
nombre de problèmes/questions :
1. La variabilité implique de la confusion. On ne peut pas donner
le détail de ces données dans l’abstract d’une publication scientifique ;
il faudra se contenter d’un résumé. Quelle information concise et utile
peut-on extraire de ces données ? Comment décrire la variabilité ?
2. La variabilité implique de l’incertitude. Sachant que les plantes
d’une même expérience atteignent des hauteurs différentes, qu’est-ce qui
nous permet d’affirmer que les plantes d’une autre expérience similaire
atteindront des hauteurs comparables ? Jusqu’à quel point peut-on généraliser les résultats d’une expérience ? Comment inférer en présence de
variabilité ?
3. La variabilité implique des questions scientifiques. L’un des buts
de toute science est d’identifier les sources de variabilité afin d’être en me1 Nous remercions le Dr Dieter Häring de nous avoir mis à disposition ces données, qui
représentent un sous-ensemble des données décrites et analysées dans Häring et al. (2008).
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