Si vous vous intéressez à l’histoire de l’architecture, peutêtre avez-vous entendu parler des livres de modèles de
l’époque géorgienne. À l’image d’un catalogue d’options
de conception, ces livres de modèles permettaient aux
constructeurs locaux de prendre connaissance de designs
architecturaux, les plans étant publiés pour un public
élargi. Ils contenaient des possibilités de conception pour
divers types de bâtiments, mais surtout pour des maisons
qui pouvaient être des petites maisons charmantes, des
maisons de ville ou des manoirs. En recopiant ces plans
standard et moyennant quelques petites adaptations, on
pouvait pratiquement garantir la qualité de conception.
En poussant cette idée un peu plus loin, pourquoi ne pas
acheter des plans normalisés afin de garantir la qualité de
la construction, puis des modules préfabriqués pour les
assembler et construire des bâtiments de cette manière ?
La technologie de construction hors site existe depuis des
siècles. On sait que des maisons ont été expédiées
d’Angleterre jusqu’en Australie sous forme de kits, et tout
un hôpital construit sur un chantier naval a été envoyé en
Turquie pendant la guerre de Crimée. Les maisons en kit
ont eu beaucoup de succès aux États-Unis au début du
XX e siècle, notamment un modèle de Sears,
Roebuck & Co qui était constitué de 30 000 éléments !
Le terme préfabriqué vous est sans doute plus familier. Le
préfabriqué a parfois mauvaise réputation. Jusqu’ici, il a
généralement été utilisé pour répondre au besoin urgent
d’hébergement d’une population importante, par exemple
en temps de guerre ou lorsqu’une pénurie de logements
fait suite à un conflit. La priorité était souvent donnée à la
rapidité, aussi les logements de fortune étaient souvent de
piètre qualité, avec des fuites et l’absence d’isolation
thermique. En 1968, au Royaume-Uni, une tour s’était en
partie écroulée en raison d’une explosion de gaz,
conséquence d’une construction de mauvaise qualité.
Malheureusement, beaucoup de gens conservent cette
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