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La clé de voûte : le chiffrement
Chapitre 4
Évaluer la robustesse d’un cryptosystème
Comme nous l’avons vu, les systèmes de chiffrement symétriques et asymétriques
reposent sur des méthodes mathématiques complètement différentes. Ces deux
familles de systèmes sont d’un usage complémentaire, ils sont utilisés conjointement dans les réalisations techniques que nous employons quotidiennement. Il
convient d’avoir une conscience claire du fait que la confiance que l’on peut placer
en eux, ou pas, ou en d’autres termes leur robustesse, repose sur des hypothèses de
nature radicalement différentes dans les deux cas.
Robustesse du chiffrement symétrique
La robustesse d’un système de chiffrement symétrique repose sur l’impossibilité
de deviner la clé utilisée : ce qui découle d’une précaution et de trois qualités :
• la précaution est que les utilisateurs doivent éviter de divulguer la clé et la
stocker sur un support convenablement protégé, cela semble évident mais
souvent cette condition n’est pas vérifiée ;
• l’espace des clés doit être vaste, pour parer aux attaques par force brute qui
consistent à tenter le déchiffrement avec toutes les clés possibles successivement ; autrement dit, la clé doit comporter beaucoup de chiffres ;
• l’algorithme doit être lui-même robuste, c’est-à-dire tel que l’examen du
message chiffré ne doive pas révéler d’indices de nature à aider le déchiffrement, soit par la découverte de la clé, soit par l’élucidation directe du
message ;
• enfin la réalisation du logiciel doit être correcte, et c’est généralement là
que gisent les failles ; les algorithmes robustes sont complexes et subtils,
une programmation maladroite peut réduire de façon spectaculaire la taille
réelle de l’espace des clés ; or c’est de la taille de l’espace des clés que découle
l’entropie du cryptosystème, qui est la mesure mathématique de sa quantité
d’incertitude ou d’aléa.
Pour pouvoir décerner un certificat de robustesse à un système de chiffrement
symétrique, on doit démontrer que l’attaque par force brute est l’attaque optimale.
Ensuite, cela acquis, la guerre entre cryptographes et cryptanalystes se résume à
une question de longueur de clé et de puissance de calcul.
En pratique, les assaillants réels cherchent (et trouvent) des failles de réalisation
dans les systèmes réels, cependant que les assaillants du monde de la recherche
La clé de voûte : le chiffrement
Chapitre 4
Évaluer la robustesse d’un cryptosystème
Comme nous l’avons vu, les systèmes de chiffrement symétriques et asymétriques
reposent sur des méthodes mathématiques complètement différentes. Ces deux
familles de systèmes sont d’un usage complémentaire, ils sont utilisés conjointement dans les réalisations techniques que nous employons quotidiennement. Il
convient d’avoir une conscience claire du fait que la confiance que l’on peut placer
en eux, ou pas, ou en d’autres termes leur robustesse, repose sur des hypothèses de
nature radicalement différentes dans les deux cas.
Robustesse du chiffrement symétrique
La robustesse d’un système de chiffrement symétrique repose sur l’impossibilité
de deviner la clé utilisée : ce qui découle d’une précaution et de trois qualités :
• la précaution est que les utilisateurs doivent éviter de divulguer la clé et la
stocker sur un support convenablement protégé, cela semble évident mais
souvent cette condition n’est pas vérifiée ;
• l’espace des clés doit être vaste, pour parer aux attaques par force brute qui
consistent à tenter le déchiffrement avec toutes les clés possibles successivement ; autrement dit, la clé doit comporter beaucoup de chiffres ;
• l’algorithme doit être lui-même robuste, c’est-à-dire tel que l’examen du
message chiffré ne doive pas révéler d’indices de nature à aider le déchiffrement, soit par la découverte de la clé, soit par l’élucidation directe du
message ;
• enfin la réalisation du logiciel doit être correcte, et c’est généralement là
que gisent les failles ; les algorithmes robustes sont complexes et subtils,
une programmation maladroite peut réduire de façon spectaculaire la taille
réelle de l’espace des clés ; or c’est de la taille de l’espace des clés que découle
l’entropie du cryptosystème, qui est la mesure mathématique de sa quantité
d’incertitude ou d’aléa.
Pour pouvoir décerner un certificat de robustesse à un système de chiffrement
symétrique, on doit démontrer que l’attaque par force brute est l’attaque optimale.
Ensuite, cela acquis, la guerre entre cryptographes et cryptanalystes se résume à
une question de longueur de clé et de puissance de calcul.
En pratique, les assaillants réels cherchent (et trouvent) des failles de réalisation
dans les systèmes réels, cependant que les assaillants du monde de la recherche
