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La clé de voûte : le chiffrement
Chapitre 4
Diffie et Hellman résolvent l’échange de clés
Si Alex veut entretenir une correspondance secrète avec Bérénice, ils peuvent
convenir de chiffrer leurs messages avec un protocole tel que le triple DES, que
nous venons de présenter. Ce protocole présente toutes les garanties de robustesse, mais il faudra que Bérénice et Alex conviennent d’une clé secrète : pour ce
faire, ils devront se rencontrer, ce qui peut être impossible, ou se communiquer la
clé par la poste : dans les deux cas, l’instant de l’échange est celui dont un espion
peut profiter pour dérober leur secret et ainsi réduire à néant la sûreté de leurs
communications. C’est le problème de l’échange de clés.
Le problème de l’échange de clés
Depuis des siècles le problème de l’échange des clés était considéré comme un
inconvénient naturel du chiffrement. Les ambassades et les états-majors y consacraient des efforts importants, que les espions s’efforçaient de déjouer.
Avec l’utilisation de l’ordinateur et des télétransmissions, et la dématérialisation
de l’information qu’ils autorisent, le problème se pose différemment. Dans les années 1970 un chercheur indépendant et excentrique, Whitfield Diffie, réfléchissait
au moyen pour deux utilisateurs du réseau ARPANET d’échanger des courriers
électroniques chiffrés sans se rencontrer physiquement au préalable pour convenir
de la clé de chiffrement qu’ils utiliseraient. En 1974 il donna une conférence sur le
sujet au centre de recherche Thomas J. Watson d’IBM à Yorktown Heights (déjà
le lieu de travail de Horst Feistel), et là il apprit que Martin Hellman, professeur
à l’université Stanford à Palo Alto, avait donné une conférence sur le même sujet.
Aussitôt il prit sa voiture et traversa le continent pour rencontrer Hellman.
Un peu d’histoire
En 1969 l’ARPA (Advanced Research Projects Agency), agence du ministère américain
de la Défense pour la recherche, impulsa la création du réseau ARPANET pour faciliter
les échanges entre les différents laboratoires de recherche avec lesquels elle avait des
contrats. ARPANET fut l’ancêtre de l’Internet.
Diffie et Hellman cherchaient une méthode pour convenir d’un secret partagé
sans le faire circuler entre les participants, en d’autres termes une fonction mathématique telle que les participants puissent échanger des informations dont eux
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