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Science de la sécurité du système d’information
Deuxième partie
Avertissement
Ce chapitre reprend, en le développant, une part importante du contenu du chapitre 7
de mon livre Les systèmes d’exploitation des ordinateurs – Histoire, fonctionnement,
enjeux, publié aux Éditions Vuibert, avec l’aimable autorisation de l’éditeur.
Le lecteur qui jugerait le contenu ce chapitre trop technique, notamment des pages 76 à
85, pourra s’en dispenser en première lecture, il pourra comprendre le reste de l’ouvrage,
c’est promis ! Qu’il sache néanmoins que ces passages mathématiques constituent la
garantie de la véracité de l’ensemble de l’ouvrage. Nous encourageons le lecteur rigoureux
à s’y plonger, tôt ou tard.
Chiffrement symétrique à clé secrète
De l’époque de Jules César à la fin des années 1970, un grand nombre de systèmes
de chiffrement ont été inventés, qui consistaient à faire subir à un texte clair une
transformation plus ou moins complexe pour en déduire un texte inintelligible, dit
chiffré. La transformation repose sur deux éléments : une fonction mathématique
(au sens large) et une clé secrète. Seule une personne connaissant la fonction et
possédant la clé peut effectuer la transformation inverse, qui transforme le texte
chiffré en texte clair. C’est la même clé qui sert au chiffrement et au déchiffrement,
et pour cette raison elle doit rester secrète : nous décrirons plus loin des systèmes
de chiffrement asymétrique, qui utilisent des clés différentes pour le chiffrement et le
déchiffrement, ce qui permet de rendre publique la clé de chiffrement, puisque’elle
ne permet pas le déchiffrement.
La science de l’invention des codes secrets s’appelle la cryptographie. La science,
adverse, du déchiffrement de ces codes est la cryptanalyse. Si le cryptanalyste
ignore tout de la fonction de chiffrement et de la clé, il aura le plus grand mal
à déchiffrer, mais un bon code doit résister à la découverte de sa fonction de chiffrement tant que la clé reste secrète.
Une bonne fonction de chiffrement doit éviter de prêter le flanc à la cryptanalyse.
Ainsi le code de César, qui reposait sur une simple transposition circulaire des
lettres de l’alphabet, est très facile à décoder par l’analyse des fréquences des lettres
dès lors que l’on sait dans quelle langue a été écrit le message. Un bon code doit
aussi chiffrer de façons différentes deux occurrences successives d’un même texte
Science de la sécurité du système d’information
Deuxième partie
Avertissement
Ce chapitre reprend, en le développant, une part importante du contenu du chapitre 7
de mon livre Les systèmes d’exploitation des ordinateurs – Histoire, fonctionnement,
enjeux, publié aux Éditions Vuibert, avec l’aimable autorisation de l’éditeur.
Le lecteur qui jugerait le contenu ce chapitre trop technique, notamment des pages 76 à
85, pourra s’en dispenser en première lecture, il pourra comprendre le reste de l’ouvrage,
c’est promis ! Qu’il sache néanmoins que ces passages mathématiques constituent la
garantie de la véracité de l’ensemble de l’ouvrage. Nous encourageons le lecteur rigoureux
à s’y plonger, tôt ou tard.
Chiffrement symétrique à clé secrète
De l’époque de Jules César à la fin des années 1970, un grand nombre de systèmes
de chiffrement ont été inventés, qui consistaient à faire subir à un texte clair une
transformation plus ou moins complexe pour en déduire un texte inintelligible, dit
chiffré. La transformation repose sur deux éléments : une fonction mathématique
(au sens large) et une clé secrète. Seule une personne connaissant la fonction et
possédant la clé peut effectuer la transformation inverse, qui transforme le texte
chiffré en texte clair. C’est la même clé qui sert au chiffrement et au déchiffrement,
et pour cette raison elle doit rester secrète : nous décrirons plus loin des systèmes
de chiffrement asymétrique, qui utilisent des clés différentes pour le chiffrement et le
déchiffrement, ce qui permet de rendre publique la clé de chiffrement, puisque’elle
ne permet pas le déchiffrement.
La science de l’invention des codes secrets s’appelle la cryptographie. La science,
adverse, du déchiffrement de ces codes est la cryptanalyse. Si le cryptanalyste
ignore tout de la fonction de chiffrement et de la clé, il aura le plus grand mal
à déchiffrer, mais un bon code doit résister à la découverte de sa fonction de chiffrement tant que la clé reste secrète.
Une bonne fonction de chiffrement doit éviter de prêter le flanc à la cryptanalyse.
Ainsi le code de César, qui reposait sur une simple transposition circulaire des
lettres de l’alphabet, est très facile à décoder par l’analyse des fréquences des lettres
dès lors que l’on sait dans quelle langue a été écrit le message. Un bon code doit
aussi chiffrer de façons différentes deux occurrences successives d’un même texte
