46
Principes de sécurité du système d’information
Première partie
velle méthode d’échange de clés a permis de résoudre un problème ouvert depuis
des millénaires : comment deux personnes, ne se connaissant au préalable pas,
peuvent-elles élaborer un secret commun à elles seules en n’ayant échangé que des
messages publics ? Cette révolution ouvrait la voie à l’invention par Ronald Rivest,
Adi Shamir et Leonard Adleman du chiffrement asymétrique [91], qui permet à tout
un chacun de publier sur son site Web la clé de chiffrement à utiliser pour lui
envoyer un message secret.
Les principes mathématiques du chiffrement asymétrique sont exposés (de façon aussi simple que possible) au chapitre 4 page 71. Nous allons ici expliquer
comment il est utilisé et pourquoi il est si intéressant, en le considérant (provisoirement donc) comme une boîte noire, ou comme une fonction mathématique
nommée Chiffrer, dont la fonction inverse serait Chiffrer −1 .
Ainsi, si x
Chiffrer
− −−− → y, alors y
Chiffrer −1
−−−−−→ x.
L’idée de base du chiffrement asymétrique, c’est que la fonction Chiffrer est difficilement inversible : calculer Chiffrer est (relativement) facile, mais calculer Chiffrer −1 est très difficile, en pratique impossible.
Nous souhaitons pouvoir faire quatre choses avec notre système de chiffrement :
signer un document
vérifier l’authenticité d’une signature
chiffrer un document à envoyer
déchiffrer un document reçu
Nous pourrions ajouter : s’authentifier lors de l’accès à un service, et vérifier une
tentative d’authentification. Ce sont des cas particuliers de signature.
Les impératifs à respecter sont les suivants :
• la signature électronique doit être difficile à falsifier (en pratique, ce doit
être impossible, mais cette impossibilité n’est pas démontrable mathématiquement) ;
• en d’autres termes, il doit être difficile de se procurer les dispositifs qui
peuvent fabriquer la signature, pour fabriquer par exemple un faux ;
• l’authenticité d’une signature doit en revanche être facile à vérifier ;
• de même, il doit être difficile de déchiffrer un document chiffré quand on
n’en est pas le destinataire légitime, c’est-à-dire en « cassant » le code ;
• en revanche il doit être facile de chiffrer un document de sorte que seul son
destinataire légitime soit en mesure de le déchiffrer.
Précédent

- 60/276

Suivant