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Identités, annuaires, habilitations
Chapitre 7
tem), bénéficie d’un déploiement universel et d’une avance technique certaine sur ses concurrents éventuels, parmi lesquels un des mieux placés, la
norme LDAP (pour Lightweight Directory Access Protocol) d’annuaire électronique, appartient en fait au même univers technique ;
• enfin, ils fournissent une identification facile à mémoriser, ce qui est important, notamment d’un point de vue commercial.
Des mécanismes d’abstraction du cerveau
Ici je ne résiste pas à la tentation de citer plus longuement Sophie Le Pallec : « Une abstraction opérée naturellement par le cerveau permet de passer, sans prise de conscience
forte, de la fonction de l’identifiant d’immatriculation à celle d’identifiant d’indexation ou
d’identifiant de connexion, lorsqu’un même identifiant, ou des identifiants sémantiquement proches, assurent ces trois fonctions. Ce mécanisme d’abstraction, qui est une des
bases du langage, autorise la dualité fonctionnelle des identifiants [...], ainsi nous trouvons tout à fait normal que l’identifiant « soleil », appliqué à nommer l’astre en question,
puisse être associé simultanément à l’information sur l’astre, qu’elle soit accessible via
une base de donnée ou un moteur de recherche en tapant comme mot-clé « soleil ». De
même, nous trouvons naturel qu’un site Web avec l’adresse www.soleil.com fasse dans
son contenu référence à l’astre solaire. Alfred Korzybski, spécialiste de la sémantique,
associe au mot « identification » l’expression « confusion des ordres d’abstractions ».
Il s’agit pour lui de nommer une perturbation sémantique (« identification ») que l’on
retrouve à la base des troubles mentaux et de décrire un processus sous-jacent, systématique, à cette perturbation (« confusion des ordres d’abstractions »). Il est intéressant de
conserver à l’esprit que cette confusion peut être utilisée à dessein de manière tout à fait
saine, mais pas forcément toujours très consciente, dans les processus d’identification
complexes que nous pouvons mettre en œuvre. »
La politique des identifiants
Si l’adressage IP devient hégémonique, se posera la question du contrôle politique
de son administration. Historiquement, celle-ci était dévolue à l’IANA (Internet
Assigned Numbers Authority), qui centralise et contrôle les conventions relatives à
l’identification des objets du réseau, et notamment veille à l’unicité des adresses,
mais depuis 1998 c’est l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers
(ICANN) qui supervise l’attribution des noms de domaines et des adresses.
L’ICANN est une organisation internationale sans but lucratif dont le rôle est
d’allouer l’espace des adresses du protocole Internet (IP), d’attribuer les identificateurs de protocole, de gérer le système de noms de domaine de premier niveau pour les codes génériques (gTLD, pour generic Top Level Domain, tels .com
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