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Science de la sécurité du système d’information
Deuxième partie
Modèle en couches pour les réseaux
Avant de parler de sécurité des réseaux, il peut être utile de rappeler brièvement
le modèle qui sert à les décrire. Le lecteur familier de ces notions peut sans risque
passer à la section suivante.
L’architecture en couches a été formulée par le chercheur néerlandais Edsger
Wybe Dijkstra (1930–2002) dans un article fameux publié en mai 1968 par les
CACM, « The structure of the THE multiprogramming system » [41], pour représenter des systèmes qui relèvent simultanément de plusieurs niveaux d’abstraction.
L’idée est d’isoler chaque niveau d’abstraction pertinent pour le système considéré, de façon à s’en faire une idée plus simple. Le principe de l’architecture en
couches peut être rapproché de celui d’architecture tripartite que nous avons étudié
à la page 102 ; le but en est le même : diviser un problème en sous-problèmes plus
simples, isoler différents niveaux d’abstraction.
Application du modèle à un système de communication
Ainsi, imaginons le système de communication constitué par deux chefs d’État,
accompagnés de leurs interprètes respectifs, en train de mener une négociation bilatérale. Chaque chef d’État s’exprime dans sa langue nationale, que nous appellerons respectivement langue A et langue B ; chaque interprète traduit ce que dit son
chef d’État en picto-saintongeais, langue diplomatique internationale. Nous pouvons modéliser ce système de communication au moyen de trois couches, illustrées
par la figure 6.1 :
• la couche 3 « négociation » décrit les interactions entre les deux chefs d’État ;
• la couche 2 « traduction » décrit les interactions entre les interprètes ;
• la couche 1 « phonologique » décrit les mécanismes physiologiques et physiques en jeu dans la communication verbale entre deux êtres humains.
Chacune de ces couches a sa logique propre, qu’il est possible d’étudier sans se
préoccuper des deux autres, bien que la couche 3 ne puisse pas exister sans les
couches 2 et 1, ni la couche 2 sans la couche 1.
Lors de leur négociation, les deux chefs d’État respectent un protocole, que nous
nommerons protocole de la couche 3 : il comporte les règles du savoir-vivre des
grands de ce monde, ainsi peut-être que les traités conclus entre les pays dont ils
sont les dirigeants.
Science de la sécurité du système d’information
Deuxième partie
Modèle en couches pour les réseaux
Avant de parler de sécurité des réseaux, il peut être utile de rappeler brièvement
le modèle qui sert à les décrire. Le lecteur familier de ces notions peut sans risque
passer à la section suivante.
L’architecture en couches a été formulée par le chercheur néerlandais Edsger
Wybe Dijkstra (1930–2002) dans un article fameux publié en mai 1968 par les
CACM, « The structure of the THE multiprogramming system » [41], pour représenter des systèmes qui relèvent simultanément de plusieurs niveaux d’abstraction.
L’idée est d’isoler chaque niveau d’abstraction pertinent pour le système considéré, de façon à s’en faire une idée plus simple. Le principe de l’architecture en
couches peut être rapproché de celui d’architecture tripartite que nous avons étudié
à la page 102 ; le but en est le même : diviser un problème en sous-problèmes plus
simples, isoler différents niveaux d’abstraction.
Application du modèle à un système de communication
Ainsi, imaginons le système de communication constitué par deux chefs d’État,
accompagnés de leurs interprètes respectifs, en train de mener une négociation bilatérale. Chaque chef d’État s’exprime dans sa langue nationale, que nous appellerons respectivement langue A et langue B ; chaque interprète traduit ce que dit son
chef d’État en picto-saintongeais, langue diplomatique internationale. Nous pouvons modéliser ce système de communication au moyen de trois couches, illustrées
par la figure 6.1 :
• la couche 3 « négociation » décrit les interactions entre les deux chefs d’État ;
• la couche 2 « traduction » décrit les interactions entre les interprètes ;
• la couche 1 « phonologique » décrit les mécanismes physiologiques et physiques en jeu dans la communication verbale entre deux êtres humains.
Chacune de ces couches a sa logique propre, qu’il est possible d’étudier sans se
préoccuper des deux autres, bien que la couche 3 ne puisse pas exister sans les
couches 2 et 1, ni la couche 2 sans la couche 1.
Lors de leur négociation, les deux chefs d’État respectent un protocole, que nous
nommerons protocole de la couche 3 : il comporte les règles du savoir-vivre des
grands de ce monde, ainsi peut-être que les traités conclus entre les pays dont ils
sont les dirigeants.
