L'histoire du mégalithisme
59
églises furent construites, les dieux celto-druidiques
n'ont jamais cessé, directement ou non, d'être honorés.
De l'an 452 à 800, l'Église et le pouvoir vont agir pour
interdire les cultes des pierres, des eaux et des arbres.
En 658, le concile de Nantes prescrira de renverser les
pierres vénérées.
Charlemagne s'élèvera, lui aussi, contre ces pratiques
d'un autre âge et, entre 789 et 800, il ordonnera la destruction de toutes ces pierres. La plupart des lieux de
culte anciens seront démolis et les pierres écroulées pour
tenter de faire disparaître les cultes païens liés aux mégalithes. Cette éradication systématique et très organisée
représenta un énorme travail qui se doubla souvent
d'une récupération du site qui, qu'on le veuille ou non,
restait toujours sacré.
C'est ainsi que l'on christianisa un certain nombre de
menhirs, en y sculptant des croix, par exemple. En certains endroits, les pierres furent débitées pour être
assemblées en calvaires, des chapelles furent érigées sur
des lieux de culte, etc.
D'autres lieux vénérés comme les sources guérisseuses
furent également évangélisés.
On donna des noms de saints aux fontaines en fonction de leurs vertus. Ainsi saint Clair guérit les maux
d'yeux, saint Génitour ou saint Vit (vous en connaissez
beaucoup ?) sont invoqués pour avoir des enfants et
saint Sourdeaux guérit de la surdité. 1
Les pierres seront récupérées plus tard pour répondre
à des besoins domestiques, construire des maisons ou
dresser des clôtures. Les mégalithes isolés dans les
champs furent souvent déplacés ou détruits parce qu'ils
gênaient les cultures, et la perspective de découvrir le
1. Lire à ce sujet Pierres et Eaux d'Arzh Bro Naoned, Éd. Guy
Trédaniel.
Précédent

- 58/293

Suivant