Sur le terrain
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par les personnages les moins reluisants de sa population. Il est difficile de savoir ce qu'espèrent ces indigènes
dépenaillés. Un signe, un événement extraordinaire,
l'apparition d'hommes verts, un approvisionnement à
bon marché de leurs carburants favoris, ou simplement
le désir de faire savoir qu'ils existent ? Quelles que soient
leurs raisons, ils s'entassent sur des lieux que d'aucuns
considèrent comme sacrés. Lesquels ne sont plus, le lendemain matin, que d'immenses dépotoirs. Inutile de
vous dire que leurs vibrations sont extrêmement basses.
Une fois admis le constat que la puissance magnétique
des lieux avait déplacé une fois encore les foules, il devenait urgent de les remettre dans un état vibratoire convenable pour les cérémonies du solstice d'été. Nous
posâmes la question le plus candidement possible à nos
hôtes anglais, en subodorant que leurs réponses pouvaient révéler un niveau opératoire que nous espérions
élevé. Mais les druides d'outre-Manche durent sentir
souffler le vent inquisiteur car ils restèrent évasifs.
Parmi les trois grandes cérémonies auxquelles nous
fûmes conviés, la plus émouvante fut celle du lever du
soleil sur la Heel Stone (photo 27) dans l'enceinte de
Stonehenge. Ce fut un privilège rare, ainsi qu'un
moment difficile à faire partager. Pour décrire
l'ambiance, on peut imaginer la procession d'une cinquantaine de silhouettes fantomatiques contournant le
monument mythique alors que le jour n'est pas encore
levé. Les grandes pierres se manifestent, imprécises,
majestueuses, voire inquiétantes. L'air saturé de rosée
floute le contour des choses, ajoutant au sentiment
d'intemporalité la certitude de vivre un instant exceptionnel. Le rituel se déroule, chronométré à la seconde,
car le point d'orgue approche. Et le miracle se produit :
le soleil (en ce lieu, l'on salue Bélénos) se pointe juste
au-dessus de la pierre héliaque. Le sourire des druides
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