fig. 60) le long d'un bord ou d'une ligne de préparation à partir d'une surface (préparée
ou non) qui sert de plan de frappe ou de pression. On crée ainsi un ou plusieurs pans
(fig. 56 et 58). Un coup de burin peut se donner par percussion directe du percuteur, ou
bien du futur burin sur un percuteur dormant tenu à la main, ou encore par pression.
La multiplicité des pans créés par coups de burin sur un seul support est très fréquente
et toutes les positions étant possibles, les combinaisons de surface sont innombrables
(voir lexique). Les affûtages par un ou plusieurs coups de burin ne peuvent être prouvés
qu'avec l'aide des remontages et/ou des traces d'utilisations, sauf peut-être dans le cas
de réfection complète - par exemple : burin tronqué et nouveau coup de burin sur l'autre
bord (fig. 55 : 5) - car un seul coup de burin peut donner plusieurs chutes. Les déchets
caractéristiques des burins - chutes et recoupes - quoique systématiquement décomptés,
sont rarement intégrés dans une étude technologique.
Les variations stylistiques sont quasi infinies et, dans le Paléolithique supérieur
d'Europe occidentale, certains burins très particuliers ("busqués", "de Noailles", "bec de
perroquet") sont des outils spécifiques d'une période car ils ont une vie courte.
Les déchets caractéristiques des burins - chutes et recoupes - peuvent être
retouchés et devenir alors outil ; une chute ou une recoupe est, par exemple, un excellent
support pour une mèche de foret.
Notons que cette technique ne présume pas obligatoirement de la finalité de l'outil
"burin". S'il est démontré qu'il peut y avoir production de supports, le burin est alors
considéré comme un nucléus. Dans un gisement néolithique à Lagreich au Mali
78 , tous
les burins sont des nucléus destinés à fournir des chutes utilisées comme tamponnoirs
pour percer des perles de cornaline. Il est tout à fait plausible de concevoir que des
burins aient pu être outils et nucléus. La notion : burin=outil, chutes=déchets est
désormais périmée; burin et chute de burin forment un couple dont les destinations
peuvent varier selon les cultures. Reste le principe, une fois encore constaté : une
technique est au service d'une intention pour des finalités variables.
3. L e cou p d u tranche t
Sur un des bords d'une pièce bifaciale ou à retouches bifaces, à silhouette de
hache triangulaire allongée, un coup est porté près de l'arête qui représente le tranchant.
On obtient un négatif d'enlèvement faisant un angle aigu avec la face percutée, créant
un tranchant vif de taille, perpendiculaire à l'axe de la pièce (fig. 34 : 1). Il s'agit, dans
certains cas, d'un ravivage.
Le coup du tranchet latéral est une technique identique, intéressant un bord, ou
les deux de façon alterne, de biface acheuléen dans sa partie la plus proche de la "pointe"
(fig. 34 : 2). Cette technique, beaucoup plus fréquente qu'on aurait pu l'imaginer (10%
des bifaces de la vallée de la Somme, en France
79 ), donne toujours une silhouette finale
approximativement symétrique et représente donc la dernière intention, qu'il s'agisse, là
encore, de ravivage ou non. Les déchets qui en proviennent ont une morphologie
caractéristique.
4. L a coch e clactonienn e
On oublie trop souvent que le simple fait de frapper assez loin à l'intérieur du
bord d'un éclat, sur l'une ou l'autre face, donne une coche formée par un seul négatif
d'enlèvement que l'on dénomme coche clactonienne. Les déchets qui en proviennent
sont des éclats caractéristiques qui permettent d'identifier la technique (fig. 34 : 4). Cette
technique peut, entre autres, permettre de reformer le cintrage du front d'un grattoir
caréné (fig. 34 : 7).
78 Gaussen, Gaussen, 1965.
79 Zuate y Zuber, 1972.
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ou non) qui sert de plan de frappe ou de pression. On crée ainsi un ou plusieurs pans
(fig. 56 et 58). Un coup de burin peut se donner par percussion directe du percuteur, ou
bien du futur burin sur un percuteur dormant tenu à la main, ou encore par pression.
La multiplicité des pans créés par coups de burin sur un seul support est très fréquente
et toutes les positions étant possibles, les combinaisons de surface sont innombrables
(voir lexique). Les affûtages par un ou plusieurs coups de burin ne peuvent être prouvés
qu'avec l'aide des remontages et/ou des traces d'utilisations, sauf peut-être dans le cas
de réfection complète - par exemple : burin tronqué et nouveau coup de burin sur l'autre
bord (fig. 55 : 5) - car un seul coup de burin peut donner plusieurs chutes. Les déchets
caractéristiques des burins - chutes et recoupes - quoique systématiquement décomptés,
sont rarement intégrés dans une étude technologique.
Les variations stylistiques sont quasi infinies et, dans le Paléolithique supérieur
d'Europe occidentale, certains burins très particuliers ("busqués", "de Noailles", "bec de
perroquet") sont des outils spécifiques d'une période car ils ont une vie courte.
Les déchets caractéristiques des burins - chutes et recoupes - peuvent être
retouchés et devenir alors outil ; une chute ou une recoupe est, par exemple, un excellent
support pour une mèche de foret.
Notons que cette technique ne présume pas obligatoirement de la finalité de l'outil
"burin". S'il est démontré qu'il peut y avoir production de supports, le burin est alors
considéré comme un nucléus. Dans un gisement néolithique à Lagreich au Mali
78 , tous
les burins sont des nucléus destinés à fournir des chutes utilisées comme tamponnoirs
pour percer des perles de cornaline. Il est tout à fait plausible de concevoir que des
burins aient pu être outils et nucléus. La notion : burin=outil, chutes=déchets est
désormais périmée; burin et chute de burin forment un couple dont les destinations
peuvent varier selon les cultures. Reste le principe, une fois encore constaté : une
technique est au service d'une intention pour des finalités variables.
3. L e cou p d u tranche t
Sur un des bords d'une pièce bifaciale ou à retouches bifaces, à silhouette de
hache triangulaire allongée, un coup est porté près de l'arête qui représente le tranchant.
On obtient un négatif d'enlèvement faisant un angle aigu avec la face percutée, créant
un tranchant vif de taille, perpendiculaire à l'axe de la pièce (fig. 34 : 1). Il s'agit, dans
certains cas, d'un ravivage.
Le coup du tranchet latéral est une technique identique, intéressant un bord, ou
les deux de façon alterne, de biface acheuléen dans sa partie la plus proche de la "pointe"
(fig. 34 : 2). Cette technique, beaucoup plus fréquente qu'on aurait pu l'imaginer (10%
des bifaces de la vallée de la Somme, en France
79 ), donne toujours une silhouette finale
approximativement symétrique et représente donc la dernière intention, qu'il s'agisse, là
encore, de ravivage ou non. Les déchets qui en proviennent ont une morphologie
caractéristique.
4. L a coch e clactonienn e
On oublie trop souvent que le simple fait de frapper assez loin à l'intérieur du
bord d'un éclat, sur l'une ou l'autre face, donne une coche formée par un seul négatif
d'enlèvement que l'on dénomme coche clactonienne. Les déchets qui en proviennent
sont des éclats caractéristiques qui permettent d'identifier la technique (fig. 34 : 4). Cette
technique peut, entre autres, permettre de reformer le cintrage du front d'un grattoir
caréné (fig. 34 : 7).
78 Gaussen, Gaussen, 1965.
79 Zuate y Zuber, 1972.
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