de façon à ce que l'axe de la lame ou lamelle soit en oblique avec cette arête. La partie
se trouvant en deçà de l'arête par rapport à soi est tenue à la main, la partie au-delà
dépasse l'arête de la longueur désirée et tombera après la fracture (fig. 33 : 1 à 3).
Avec un petit percuteur, choisi relativement plat, on attaque presque
perpendiculairement, par petits coups répétés, le bord de la lame ou de la lamelle le
plus proche de soi, à hauteur de l'arête de l'enclume. Il se forme ainsi une coche que
l'on approfondit jusqu'à ce que la fracture se produise d'elle-même, légèrement au-delà
du point de contact de la lame ou lamelle avec l'enclume. En effet, il n'y a pas lieu de
modifier en quoi que ce soit les chocs et le trajet du percuteur pendant l'opération. La
fracture, suivant approximativement la direction de l'arête de l'enclume, est donc oblique
par rapport à l'axe de la lame ou lamelle. Quand le "coup du microburin" est réussi,
elle est aussi oblique par rapport aux faces de celle-ci. Elle est visible sur la face
supérieure de la partie qui reste en main : lame ou lamelle à piquant-trièdre (fig. 33 :
4b), qui est le but de l'opération, et sur la face inférieure de la partie qui tombe :
microburin (fig. 33 : 4a). On peut aussi procéder par pression à l'aide d'un outil en bois
végétal ou animal, ou en os.
Si le coup du microburin a enlevé l'extrémité talon-bulbe, le microburin est
dénommé proximal; l'enlèvement de l'extrémité opposée donne un microburin distal
(fig. 33 : 5).
Un microburin présente, visible sur sa face supérieure, une portion de coche à
retouches directes et, visible sur sa face inférieure, une "facette de fracture" allant du
plus profond de la portion de coche au bord opposé. Un microburin proximal présente
donc souvent une silhouette en écusson légèrement dissymétrique (fig. 33 : 6).
La facette de fracture est la partie la plus importante d'un microburin. C'est sur
elle que se fonde toute diagnose. Outre sa double obliquité par rapport à l'axe et aux
faces de la lame ou lamelle, elle doit présenter toutes les caractéristiques d'une face
d'éclatement : bulbe petit ou très petit, parfois très effacé, présence fréquente de lancettes
en éventail autour de ce bulbe, ondes de percussion rarement bien marquées. Elle est
souvent torse, le côté qu'elle forme avec la face supérieure de la lame ou de la lamelle
montre fréquemment un minuscule "réfléchi", un arrondi, particulièrement sensible dans
sa partie centrale, qui peut n'être visible qu'à la loupe binoculaire et qui a sa contre-partie
sur le piquant-trièdre sous forme d'une arête (séparant la "facette de fracture" de la face
supérieure) qui accroche à l'ongle, alors que les nervures normales de débitage
n'accrochent pas à l'ongle : détail qui permet dans bien des cas de confirmer la présence
d'un piquant-trièdre.
Une autre caractéristique de cette partie d'un microburin est la présence fréquente
de fines "retouches" directes - voire d'une coche peu profonde - situées sur ce côté près
du sommet de l'angle qu'il forme avec la portion de coche. Ces "retouches" ont souvent
servi d'argument à ceux qui voulaient voir dans le microburin autre chose qu'un déchet
de taille et pensaient ainsi prouver une utilisation. Les expériences de taille ont montré
que des enlèvements spontanés pouvaient se former au coup même qui détache le
microburin. Pendant la fraction de seconde qui suit la fracture, le microburin, sous l'action
du percuteur, fait parfois levier et, s'appuyant sur l'arête de l'enclume, exerce, de son
côté formé par la facette de fracture et la face supérieure, une pression sur la trace
d'enlèvement que porte le piquant-trièdre. Cette pression suffit à provoquer une petite
"retouche" continue d'une longueur pouvant atteindre 1 cm. Un microburin peut donc
tomber "retouché" : il s'agit en réalité d'enlèvements spontanés.
Plusieurs types de "ratés" peuvent se produire : réfléchissement, inclinaison
inverse de la facette de fracture, fracture perpendiculaire à l'épaisseur du support, etc.
2. L e cou p d u buri n
Il procède des mêmes principes que le débitage : sur un support débité, on enlève,
par percussion ou par pression un fragment en général allongé (appelé chute de burin,
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