préhistoriques : percussion directe au percuteur dur ou au percuteur tendre, percussion
indirecte, pression, bouchardage, puis polissage.
Dès le Pléistocène moyen, on voit alterner, pour la fabrication d'un même objet
bifacial, la percussion directe au percuteur de pierre pour l'acquisition du support et
l'ébauchage, et au percuteur tendre pour la finition. Ces deux opérations génèrent des
éclats caractéristiques (fig. 14). Ce changement technique entre ébauchage et finition n'est
pas systématique, mais fréquent. Il est attesté avec certitude vers 700000 ans en Afrique
orientale, et existe sans doute avant. Dans certaines chaînes opératoires longues, avec
préformes, des périodes plus récentes, trois, voire quatre techniques différentes ont pu
être utilisées pour la fabrication d'un seul et même objet (voir infra).
Fig. 11 — Plans d'équilibre bifacial (A) et bilatéral (B) d'un biface.
3. Morphologie s
Les morphologies des objets issus du façonnage bifacial sont variées (fig. 12, 13,
37). La répartition du volume évoquée ci-dessus au cours de l'ébauchage peut tendre à
la symétrie de part et d'autre du plan d'équilibre bifacial, ou rester dissymétrique. De
même la vue de face de la forme peut être d'une symétrie bilatérale parfaite, ou montrer
une dissymétrie voulue ou simplement laissée telle.
Certaines formes ont connu de longues périodes de stabilité, comme le biface.
Il n'est pas possible, en l'état actuel des recherches en tracéologie, d'identifier les raisons
fonctionnelles du succès du biface. Mais il semble bien que son développement soit lié
à l'acquisition de la notion de symétrie (notion qui sera bien maîtrisée au cours de
l'Acheuléen ancien en Afrique, autour d'un million d'années), même si elle est loin
d'être toujours parfaite, et à la faculté de débiter des grands éclats supports.
D'autres morphologies bifaciales reflètent au contraire des conceptions
spécifiques qui ont eu une durée de vie très réduite, comme les feuilles de laurier du
Solutréen moyen et supérieur, sans que l'on puisse davantage leur attribuer une fonction.
La question se pose moins pour les armatures de projectiles, dont les formes, très variées,
s'accordent à des impératifs de balistique et d'emmanchement.
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