4.2 • Rifting « actif » et rifting « passif »
91
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
ne tient pas compte de la structure de la lithosphère continentale, faite de
quatre couches superposées à comportement fragile ou ductile, dans lesquelles
la déformation extensive est forcément différente (chap. I, § 1.5; fig. 1.10
et 4.4 A). Les schémas de la figure 4.4, dessinés d’après des expériences en
laboratoire sur modèles réduits, approchent sans doute la réalité d’un peu
plus près. Ils introduisent la notion de cisaillements conjugués (fig. 4.4 D),
jouant simultanément et en sens contraire pendant l’extension lithosphérique, et enracinés dans l’un ou l’autre des niveaux ductiles de la
lithosphère (la croûte inférieure et la partie profonde du manteau lithosphérique; fig. 4.4 B). Mais la réalité géologique est certainement plus
complexe encore, si l’on en juge par les nombreuses zones de cisaillement
conjuguées qui s’observent à toutes les échelles dans les terrains déformés
par une extension horizontale.
4.2 RIFTING «ACTIF» ET RIFTING «PASSIF»
Une question reste sans réponse: quelle est la cause de l’amincissement et
de la rupture d’une lithosphère continentale?
a) On parle de rifting passif lorsque c’est l’écartement des deux plaques en
présence qui est la cause première de la déchirure continentale. En ce cas,
l’asthénosphère remonte sous le rift parce qu’elle est en quelque sorte
«appelée» par l’amincissement lithosphérique. Les événements géologiques se produisent alors selon l’ordre suivant: extension tectonique superficielle et création d’un fossé subsident (c’est la réponse de la croûte
continentale supérieure à l’écartement des deux bords du rift en formation;
à ce stade, les épaules du rift, dues à la seule réaction élastique de la lithosphère, sont encore peu accusées); puis, survenant avec un certain retard
comme une conséquence de la remontée asthénosphérique, nouveau et
fort soulèvement des «épaules» du rift (c’est la réponse au réchauffement
de la lithosphère de part et d’autre du fossé central, et à la diminution de la
densité lithosphérique qui en résulte). Cette seconde étape est souvent
associée à un volcanisme modéré, qui est lui aussi une conséquence de la
remontée des roches du manteau subissant une fusion partielle sous le rift.
Il faut donc, en ce cas, rechercher loin du rift le moteur de la déchirure
continentale et de la divergence des plaques. Par exemple, la gravité peut
être responsable du mouvement d’une plaque entraînée dans une zone de
subduction située à quelques milliers de kilomètres du rift (G de la
fig. 1.4; fiche 1.6); ou bien la déchirure locale de la lithosphère est un
contrecoup lointain de la collision de deux plaques, ce qui provoque des
expulsions latérales de fragments lithosphériques hors de la zone de
Précédent

- 98/226

Suivant