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IV • Les conséquences des mouvements horizontaux de la lithosphère
cisaillement peu inclinée par rapport à l’horizontale, souvent nommée
«faille de détachement» par les géologues anglo-saxons (chap. III,
§ 3.2, fig. 3.6). Cette faille peut d’ailleurs être un héritage, par exemple
une ancienne zone de suture entre deux plaques entrées en collision
quelques millions ou quelques dizaines de millions d’années auparavant.
Quoiqu’il en soit, les dièdres lithosphériques séparés par les zones de
cisaillement glissent l’un sur l’autre. De cette manière, la lithosphère
tout entière s’amincit progressivement. Toutefois les marges continentales «conjuguées» créées de cette façon ne sont pas symétriques. Ce
sont de fausses jumelles, l’une étant principalement constituée de croûte
continentale inférieure, l’autre de croûte continentale supérieure, dont
les densités sont quelque peu différentes (2.7 et 2.9, respectivement;
chap. II, § 2.3). De plus, le site d’amincissement de la croûte et celui de
la lithosphère, qui sont respectivement les lieux de la subsidence initiale
et, plus tard, de la subsidence thermique, sont en ce cas décalés, parce
que le dôme asthénosphérique et les volcans qui lui sont associés sont
désormais situés sous un des flancs du rift, et non plus exactement à son
axe comme dans le modèle précédent (fig. 4.3 B3).
Comment ces modèles et ces concepts s’appliquent-ils à la réalité?
a) Les données «de terrain» plaident plutôt en faveur du modèle
d’amincissement lithosphérique par le fonctionnement de zones de cisaillements localisées. Il explique en effet la dénudation tectonique des niveaux
lithosphériques profonds à l’axe des rifts et au pied des marges passives.
Dans les régions où la lithosphère est étirée et où le socle des sédiments
peut être observé apparaissent souvent en surface des terrains dont les
minéraux ont cristallisé en profondeur. Entre ces terrains d’origine
profonde et ceux qui les recouvrent passe alors une zone de cisaillement.
Par exemple des péridotites du manteau, déformées par cisaillement simple
pendant l’étirement lithosphérique, ont été portées à l’affleurement au
pied de certaines marges passives, dans la région correspondant à l’axe du
rift avant la naissance de l’océan (fig. 4.4 C). Les géologues s’accordent
donc aujourd’hui pour attribuer un rôle important aux «failles de détachement» et au cisaillement simple dans l’amincissement et la rupture de la
lithosphère continentale, parce que ce mécanisme rend mieux compte de
la dénudation tectonique (l’exhumation) des terrains profonds que le modèle
d’étirement de la lithosphère par aplatissement (cisaillement pur) selon
lequel ces terrains restent toujours enfouis (chap. V, § 5.5 et fiche 4.9).
b) Il reste que le schéma de la figure 4.3 B donne des zones de cisaillement lithosphériques une image beaucoup trop simpliste. En particulier, il
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