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III • L’équilibre isostatique et les mouvements verticaux de la lithosphère
une couche horizontale limitée par les deux lignes en tiretés de la figure.
À cause de la surcharge A et de la réaction élastique de la lithosphère, de
l’eau a été remplacée par de la lithosphère plus dense aux points A et C.
À ces endroits (A et C), on mesure en effet une légère anomalie gravimétrique positive correspondant à un excès local de masse. Aux points B
au contraire, de la lithosphère a été remplacée par de l’eau, ce qui équivaut à un déficit de masse et donne une faible anomalie gravimétrique
locale négative. À cause de l’élasticité de la lithosphère superficielle,
l’équilibre isostatique local n’est donc pas respecté. En revanche, l’équilibre est rétabli à l’échelle régionale grâce au fluage en profondeur de
l’asthénosphère et de la lithosphère ductile.
En fait, c’est ce phénomène qui sert à évaluer l’épaisseur de la lithosphère élastique (chap. I, § 1.2): la mesure des anomalies gravimétriques
et l’analyse de leur répartition régionale permettent en effet de déterminer la longueur d’onde et l’amplitude de la déformation lithosphérique
(bombement et abaissement), qui dépendent elles-mêmes de l’épaisseur
de la lithosphère élastique. Deux exemples de ce type de déformations se
rencontreront dans la suite de cet ouvrage, dans les déchirures continentales
(le rift; cf. chap. IV, § 4.1) et les zones de subduction (chap. V, § 5.1).
Il reste que les mouvements verticaux de la lithosphère dus à son élasticité sont en général d’ampleur limitée, de l’ordre du millier de mètres,
parfois un peu plus, souvent moins. S’ajoutant ou se retranchant à des
mouvements verticaux d’autres origines (§ 3.2 et 3.3), ils doivent cependant être considérés comme l’un des moteurs de la naissance des reliefs à
la surface de la planète.
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