1.2 • Lithosphère et asthénosphère
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souvent de la température et de la pression élevées du milieu et non pas
d’une fusion des roches qui la constituent.
On le voit, la frontière entre asthénosphère et lithosphère n’est pas une
limite géologique entre des terrains de compositions différentes. Il s’agit
d’une frontière physique, qui dépend essentiellement des conditions de
pression et de température du milieu, et que l’on situe d’ailleurs, on vient de
le voir, à des profondeurs assez différentes selon le paramètre que l’on considère (température, vitesse de propagation des ondes sismiques, élasticité des
terrains). Dans le temps et dans l’espace, cette frontière peut donc se
déplacer si les conditions viennent à changer. Par exemple, une élévation
régionale de température sous l’effet d’une bouffée de chaleur issue des
profondeurs du globe (un «panache»: cf. chap. IV, § 4.2) a pour effet de
faire remonter la frontière lithosphère-asthénosphère vers la surface, c’est-àdire d’amincir la lithosphère, quelle que soit sa définition. Inversement, un
refroidissement provoque une augmentation de l’épaisseur lithosphérique.
Dans ce livre, c’est la définition thermique de la lithosphère qui a été adoptée.
La limite avec l’asthénosphère, avons-nous dit, correspond alors approximativement à l’isotherme 1 300 °C, située en moyenne vers 120 km de
profondeur sous un continent (fig. 1.3 A). Mais nous verrons par la suite
que l’épaisseur de la lithosphère thermique varie considérablement
(fig. 1.3 B), jusqu’à s’annuler à l’axe des dorsales océaniques ou dépasser
150 ou 200 km sous les vieux continents.
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km
500
1 000
1 500
t °C
LITHOSPHÈRE
ASTHÉNOSPHÈRE
120 km
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100
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130
km
500
1 000
1 500
t °C
LITHOSPHÈRE
ASTHÉNOSPHÈRE
60 km
A
B
Figure 1.3 Répartition des températures dans une lithosphère «thermique»
d’épaisseur normale (A) ou amincie (B) et dans l’asthénosphère (1 300 °C).
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