Conclusion
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ou remonter les panaches. Voilà pourquoi la géologie est aujourd’hui
devenue une science globale: même si les géologues s’intéressent surtout,
par la force des choses, aux enveloppes superficielles de la Terre, ils ont
besoin, pour comprendre ce qu’ils observent et mesurent, de considérer la
dynamique de la planète tout entière.
Au yeux de qui a appris la géologie il y a une quarantaine d’années, le
changement est immense. Avant 1968 (c’est l’année de l’énoncé de la
théorie des plaques), les Sciences de la Terre étaient surtout préoccupées
de décrire, d’inventorier, et d’interpréter les phénomènes à la lumière des
forces qui agissent à la surface de la lithosphère: échanges avec l’hydrosphère et l’atmosphère, déformations sous l’effet de forces horizontales
dont on comprenait mal l’origine. Certes, la nécessité d’observer, de
mesurer, d’enregistrer, bref d’acquérir des données reste aujourd’hui la
même que naguère. Mais la lecture de ces données a complètement
changé. C’est dans la dynamique interne du globe, ou même dans celle du
système solaire, que l’on recherche désormais l’origine des phénomènes
géologiques qui ont façonné au cours des 4,55 derniers milliards d’années
la face de la Terre. Notre vision du monde physique en est profondément
modifiée.
Changé aussi le concept du temps: 15 (ou 10), 4,55 et 3,8 milliards
d’années sont respectivement les âges du Big Bang, de la naissance du
système solaire et de l’apparition de la vie. Dans cet espace-temps, la place
d’une vie humaine paraît bien étroite, comme l’est celle de notre planète
dans l’espace sidéral. L’infiniment grand et l’infiniment petit ne sont plus
ce qu’ils étaient.
Mais ne nous trompons pas: tous ces progrès conceptuels ne sont pas
un achèvement. Ne faisons pas comme Montaigne, qui regrettait au
XVI e siècle d’être né trop tard pour œuvrer à la Science dans un siècle qui
avait enfin compris l’univers. Certes, on venait de découvrir le Nouveau
Monde, et il y avait de quoi être grisé. Mais fort heureusement la suite a
montré qu’il y avait encore à faire. Nous en sommes là aujourd’hui. Les
géologues comprennent de mieux en mieux les causes proches ou lointaines des phénomènes qui animent la planète, mais ils sont loin encore
de prévoir les événements géologiques. L’exemple du risque sismique est à
cet égard révélateur: ce que l’on sait faire aujourd’hui, c’est situer le lieu
où s’est produite une rupture, mesurer les forces en jeu, les relier au lent
mouvement des plaques et des panneaux lithosphériques. Mais on ignore
toujours l’endroit précis, et davantage encore l’instant, où va se produire
un tremblement de terre. Même chose pour le volcanisme, dont on
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