5.3 • La collision continentale
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niveaux principaux de décollement: (1) entre la couverture sédimentaire et le «socle» des sédiments; (2) entre la croûte continentale
supérieure fragile et la croûte inférieure ductile; (3) entre cette croûte
ductile et le manteau supérieur. Mais d’autres discontinuités mécaniques dans la lithosphère peuvent favoriser des décollements à d’autres
niveaux, et faciliter ainsi la naissance et le mouvement de nappes de
charriage.
– la zone de superposition crustale subit, à l’échelle des temps géologiques, un formidable et rapide soulèvement. Bordée de fractures ou de
flexures, elle est la proie d’une érosion superficielle intense, et les
produits de cette érosion (des sédiments détritiques d’origine glaciaire
ou torrentielle nommés «molasses») s’accumulent sur les deux piémonts
de la chaîne, là où diminue l’épaisseur crustale, de part et d’autre de la
suture. Leur poids provoque une subsidence supplémentaire, c’est-àdire un mouvement en sens opposé à celui de la haute chaîne qui
continue à se soulever à mesure qu’elle est érodée (chap. III, § 3.2). Il se
crée ainsi, de part et d’autre des reliefs, deux épais bassins molassiques
(fig. 5.7), dont l’un, le plus subsident, occupe sur la plaque chevauchante la position du bassin situé en arrière de l’ancienne cordillère
(fig. 5.6). Par exemple, la plaine du Pô, sur l’ancienne plaque africaine
chevauchante, et la plaine suisse, sur la plaque européenne, correspondent respectivement aux bassins molassiques internes et externes des
Alpes occidentales.
– la chaîne de collision a été décrite jusqu’ici suivant une coupe géologique, en admettant qu’elle est «cylindrique», identique sur toute sa
longueur. Mais en réalité les structures changent latéralement, parce
que la collision ne se produit pas partout en même temps ni avec la
même intensité. Les plaques, on l’a vu, peuvent comporter des portions
océaniques qui entrent facilement en subduction et des portions continentales promises à collision. Ces portions continentales constituent,
sur une plaque plongeante, des éperons naturels, qui sont les premiers à
entrer en contact avec la croûte continentale de l’autre plaque
(fig. 5.10). Ces éperons jouent alors le rôle de «poinçons», provoquant
à la fois un écrasement continental là où ils s’appliquent, et l’expulsion
latérale de matériel lithosphérique là où subsiste un «bord libre» (une
zone de subduction) pour les plaques convergentes. L’Himalaya est né
au Tertiaire d’un tel «poinçonnement»: le continent indien est entré
en collision avec l’Eurasie il y a cinquante millions d’années environ, et
continue depuis à se déplacer vers le Nord. Il en résulte une expulsion
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