5.2 • L’accrétion continentale et l’érosion tectonique (zones de subduction)
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© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
plus jeunes que les seconds, qui ont accompli un long voyage avant de
se trouver retenus et déformés dans le prisme.
Enfin la plaque plongeante n’est pas parfaitement lisse. Elle porte des
aspérités (des plateaux océaniques créées par les «panaches», des volcans
sous-marins ou même des dorsales océaniques), qui peinent à entrer dans
la zone de subduction. Sous la poussée inexorable des plaques, ces aspérités finissent par passer, mais non sans dégâts: souvent le «nez» de la
plaque chevauchante est raccourci et soulevé à leur passage. Il arrive aussi
que les aspérités soient «scalpées», et que le «scalp» soit ajouté au
prisme d’accrétion tectonique. Ainsi s’expliquent certaines écailles de
croûte océanique (ophiolites) intercalées dans les sédiments qui constituent
l’essentiel du prisme.
Les prismes d’accrétion tectonique peuvent être de taille réduite (quelques
dizaines de kilomètres) ou bien s’étendre au front des marges et des arcs
insulaires actifs sur plusieurs centaines de kilomètres de largeur et sur
plusieurs milliers de kilomètres de longueur. En fait, leur taille dépend
d’abord de l’importance des flux sédimentaires. Par exemple c’est grâce
aux énormes apports de l’Amazone dans l’océan Atlantique qu’a pu se
construire le prisme de la Barbade, qui ceinture les Antilles à l’est. Mais il
semble aussi que certaines marges ou arcs insulaires actifs refusent mieux
que d’autres l’introduction des sédiments dans la zone de subduction,
peut-être en relation avec la plus ou moins grande inclinaison de la plaque
plongeant dans l’asthénosphère.
Dans les chaînes plissées de collision (§ 5.3), le prisme tectonique de
la marge active se retrouve plus ou moins écrasé et méconnaissable à
proximité immédiate de la zone de suture entre les deux plaques. Tel est
probablement dans les Alpes le cas d’une partie au moins des nappes de
charriage des schistes lustrés, qui séparent aujourd’hui les terrains qui
appartenaient pendant l’ère secondaire à la marge européenne de l’océan
téthysien de ceux qui étaient portés par la plaque africaine.
b) L’érosion tectonique de la plaque chevauchante — L’accrétion
frontale de prismes tectoniques aux marges et aux arcs insulaires actifs
n’est pas toujours vérifiée. On connaît même certaines marges actives qui,
au lieu de développer un prisme, semblent reculer, comme minées en
profondeur par la subduction. Certes, il est toujours difficile de faire la
preuve qu’il manque quelque chose au front d’une plaque chevauchante.
Mais quand le «nez» de cette plaque subit une subsidence rapide, sur une
longue durée, bien enregistrée par les sédiments dont la profondeur de
dépôt s’accroît de la base de la série vers son sommet, quand enfin les
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plus jeunes que les seconds, qui ont accompli un long voyage avant de
se trouver retenus et déformés dans le prisme.
Enfin la plaque plongeante n’est pas parfaitement lisse. Elle porte des
aspérités (des plateaux océaniques créées par les «panaches», des volcans
sous-marins ou même des dorsales océaniques), qui peinent à entrer dans
la zone de subduction. Sous la poussée inexorable des plaques, ces aspérités finissent par passer, mais non sans dégâts: souvent le «nez» de la
plaque chevauchante est raccourci et soulevé à leur passage. Il arrive aussi
que les aspérités soient «scalpées», et que le «scalp» soit ajouté au
prisme d’accrétion tectonique. Ainsi s’expliquent certaines écailles de
croûte océanique (ophiolites) intercalées dans les sédiments qui constituent
l’essentiel du prisme.
Les prismes d’accrétion tectonique peuvent être de taille réduite (quelques
dizaines de kilomètres) ou bien s’étendre au front des marges et des arcs
insulaires actifs sur plusieurs centaines de kilomètres de largeur et sur
plusieurs milliers de kilomètres de longueur. En fait, leur taille dépend
d’abord de l’importance des flux sédimentaires. Par exemple c’est grâce
aux énormes apports de l’Amazone dans l’océan Atlantique qu’a pu se
construire le prisme de la Barbade, qui ceinture les Antilles à l’est. Mais il
semble aussi que certaines marges ou arcs insulaires actifs refusent mieux
que d’autres l’introduction des sédiments dans la zone de subduction,
peut-être en relation avec la plus ou moins grande inclinaison de la plaque
plongeant dans l’asthénosphère.
Dans les chaînes plissées de collision (§ 5.3), le prisme tectonique de
la marge active se retrouve plus ou moins écrasé et méconnaissable à
proximité immédiate de la zone de suture entre les deux plaques. Tel est
probablement dans les Alpes le cas d’une partie au moins des nappes de
charriage des schistes lustrés, qui séparent aujourd’hui les terrains qui
appartenaient pendant l’ère secondaire à la marge européenne de l’océan
téthysien de ceux qui étaient portés par la plaque africaine.
b) L’érosion tectonique de la plaque chevauchante — L’accrétion
frontale de prismes tectoniques aux marges et aux arcs insulaires actifs
n’est pas toujours vérifiée. On connaît même certaines marges actives qui,
au lieu de développer un prisme, semblent reculer, comme minées en
profondeur par la subduction. Certes, il est toujours difficile de faire la
preuve qu’il manque quelque chose au front d’une plaque chevauchante.
Mais quand le «nez» de cette plaque subit une subsidence rapide, sur une
longue durée, bien enregistrée par les sédiments dont la profondeur de
dépôt s’accroît de la base de la série vers son sommet, quand enfin les
