Généralités sur les poissons d'eau douce et leur consommation
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4. Habitudes de consommation et cadre réglementaire dans le Maghreb :
Les produits de la pêche et de l’aquaculture continentale (PAC) en provenance des pays
du Maghreb représentent actuellement 1,4% de la production totale de poisson d’origine marine
et continentale. La pêche de capture domine toutes les formes de production d’eau douce (94%)
malgré sa dépendance vitale aux opérations d’ensemencement. (FAO.2023)
4.1. Productions aquatiques en Algérie et aux pays limitrophes
En Algérie, la diversité de la faune piscicole en eau douce comprend au moins 60 espèces,
dont la moitié a été introduite. Dans le cadre du schéma directeur de développement des
activités de la pêche et de l'aquaculture, une production aquacole en eau douce d'environ 53 000
tonnes est prévue d'ici 2025. En 2020, la production totale d'aquaculture continentale s'est
élevée à 2 131 tonnes, principalement constituée de carpes issues du repeuplement des lacs de
barrages, complétée par une contribution moindre de la pisciculture intégrée à l'agriculture.
Lancée en 2008 dans le sud de l'Algérie, la pisciculture semi-intensive intégrée à l'agriculture
est pratiquée au sein des exploitations agricoles, où les agriculteurs élèvent des tilapias et des
poissons-chats nord-africains. Les alevins sont gratuitement distribués aux agriculteurs par le
Département des pêches. L'aquaculture intensive, une activité relativement récente, est assurée
par sept fermes privées de pisciculture et une ferme publique de crevetticulture. (FAO, 2023)
En Tunisie, la production aquacole continentale est composée principalement des carpes
chinoises, du black bass, des mulets, du sandre, du tilapia et de la spiruline. La pêche
continentale est surtout concentrée au nord du pays. Elle est apparentée à une forme de
pisciculture extensive qui offre aux pêcheurs la possibilité de produire du poisson de façon
rentable et moyennement un investissement modeste. L’aquaculture continentale est pratiquée,
principalement, en délivrant les alevins (importés ou produits localement) dans les plans d'eau
de retenues des barrages ou dans des bassins alimentés par les eaux géothermales du sud du
pays, en vue de leur grossissement. Comparée à la pêche continentale, l’aquaculture
continentale est peu développée ; elle concerne essentiellement trois activités : l’élevage de
tilapia, la crevetticulture et la culture de spiruline. En 2020, la production de l’aquaculture
continentale a été de 1 073 tonnes, dont 98% sont issus des barrages. (FAO, 2023)
Au Maroc, la pêche continentale repose principalement sur l'aquaculture. Les lâchers
annuels d'alevins maintiennent une production annuelle estimée à 15 500 tonnes. Cette pêche
se concentre principalement dans les eaux classées, qui abritent des espèces aquatiques
introduites artificiellement. Actuellement, 14 espèces de poissons se sont adaptées, comprenant
la truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss), le brochet (Esox lucius), les carpes (Cyprinus
carpio, Ctenopharyngodon idella et Hypophthalmichthys molitrix), le black bass (Micropterus
salmoides) et le tilapia (Oreochromis niloticus). Certaines de ces espèces sont destinées à
l'aquaculture, tandis que d'autres sont prisées pour la pêche sportive et commerciale. Un autre
groupe d'espèces contribue à la lutte biologique contre l'eutrophisation des eaux douces. Deux
formes d'aquaculture prédominent : l'une à des fins commerciales et l'autre pour le
repeuplement. En 2020, la production annuelle d'aquaculture commerciale a atteint 805 tonnes.
Le nombre d'unités aquacoles était de 15, réparties entre trois fermes et neuf autres installations
(FAO, 2023).
En Mauritanie, la pêche continentale revêt une importance économique et sociale
considérable, notamment pour les populations rurales. Environ 23 000 personnes pratiquent la
pêche, principalement dans le fleuve Sénégal, ainsi que dans ses affluents, canaux, lacs, mares
et marigots. Toutefois, cette activité a connu un déclin notable dans la vallée du fleuve Sénégal
en raison de la sécheresse sévissant au Sahel, des changements écologiques liés à la construction
de barrages et d'autres aménagements hydro-agricoles, ainsi que des pratiques de pêche non
réglementées. Malgré les initiatives déployées, le développement de la pêche continentale
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