1
Introduction
La pêche est un secteur économique crucial, contribuant à la sécurité alimentaire mondiale et
soutenant les économies locales, particulièrement dans les communautés côtières. Cependant,
cette activité est confrontée à plusieurs défis, parmi lesquels les rejets de pêche qui représentent
un problème majeur.
Par ’rejet’, on entend la partie des captures, y compris les prises d’espèces visées ou de toute
autre espèce (commerciale ou non), qui n’est pas conservée à bord et qui est rejetée à la mer
(CGPM, (2018a) in FAO (2022)).
En Méditerranée et en mer Noire, la pêche commerciale rejette au moins 275 000 tonnes de
poissons par an (FAO (2016, 2018) ; Perez Roda et al., (2019)). Les rejets sont souvent associés
à une perte de biodiversité et perturbent les chaînes alimentaires marines, affectant la stabilité
des écosystèmes (Sumaila et al., 2016). En outre ils ont des effets néfastes sur l’environnement
et les écosystèmes (Kennelly (1995 ; Hall (1996) in FAO (2022)).
La pêche démersale au chalut est responsable de prés de la moitie de ces rejets. Les taux de rejet
imputables aux pêche pélagiques, qui ont par exemple recours à des chaluts pélagiques et a des
senneurs à senne coulissante, sont généralement inferieurs à ceux qui résultent de l’utilisation de
chaluts de fond. Bien que l’on dispose de peu d’informations, il existe peu d’indications sur la
marche à suivre en matière d’échantillonnage des rejets pour obtenir les prélèvements
nécessaires avec un degré de précision suffisant (FAO, 2022).
La valorisation des rejets de pêche est une approche prometteuse pour atténuer les impacts
environnementaux et économiques associés à leur rejet. Les méthodes de valorisation incluent la
transformation des rejets en farine de poisson, en huiles nutritives, et en aliments pour animaux,
ce qui permet de récupérer des nutriments importants et de réduire le gaspillage (Bordes et al.,
2019). Par ailleurs, certaines espèces rejetées possèdent une chair fine et de bonne qualité,
souvent sous-estimée et non exploitée (Kleinschroth et al., 2021).
A cet effet, notre démarche s'inscrit dans l’ambition de valoriser une espèce de poisson issue des
rejets de pèche des captures non débarquée au port de Bouharoun. L’initiative est survenue suite
aux différentes observations menées lors des sorties sur le terrain, où nous avions remarqué
qu’une espèce bien commercialisée en région Ouest dans le port de Ghazaouet n’est pas connue
des pêcheries de la région Centre, et est même rejetée, en l’occurrence Coelorinchus
caelorhincus communément appelé grenadier raton. Subséquemment, nous avons envisagé de
mener une étude approfondie sur cette dernière afin d'explorer son potentiel commercial.
Notons, que le grenadier est assez fréquent sur les fonds vaseux chalutables de 200 à 750m en
Algérie, mais rarement consommé bien que la chair soir réputée excellente (Dieuzeide et al.,
1955).
Précédent

Valorisation d’une espèce de poisson issue des rejets de la pêche au niveau du port de Bouharoun biologie et exploitation de Coelorinchus caelorhincus (Risso, 1810) - 9/73

Suivant