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Physique appliquée à l’exposition externe : dosimétrie et radioprotection
Le lecteur remarquera que la somme des facteurs de pondération pour les
tissus wT de chaque organe vaut 1. Pour illustrer une conséquence instantanée
de cette particularité, considérons une personne uniformément exposée sur la
totalité du corps à un rayonnement fortement pénétrant, offrant peu
d’atténuation dans le corps humain. Nous pouvons postuler que chacun des
organes est alors soumis à une même valeur de dose moyenne à l’organe DT.
En outre, si le champ de rayonnement est exclusivement composé de photons,
le facteur de pondération du rayonnement wR vaut 1 et la dose équivalente HT
à chaque organe vaut cette valeur de dose moyenne DT. Finalement, comme la
somme des facteurs de pondération wT est égale à 1, la dose efficace E vaut à
son tour DT. Ainsi, pour un rayonnement fortement pénétrant, dont le wR = 1,
nous pouvons approximer la dose efficace par la dose à l’organe quel que soit
l’organe.
T T
T
T
T
T
T
T
E
w D
D
w
D
≅
=
=
∀
¦
¦
(3.7)
Pour ce cas précis, il y a correspondance directe entre la grandeur physique
et la grandeur sanitaire : 1 gray est sensiblement égal à 1 sievert. En conséquence, dans la pratique, lorsqu’un opérateur effectue une mesure dans un
champ homogène de photons de haute énergie avec un appareil étalonné en
dose absorbée dans les tissus (Gy), il estime de façon assez précise la dose
efficace (Sv).
Ajoutons que l’on associe communément le terme de « dose corps entier » à
la grandeur dose efficace, même si cette appellation n’existe pour l’heure dans
aucun référentiel normatif.
Notons que cette démonstration triviale est totalement erronée pour des
rayonnements dont le wR ≠ 1 ou faiblement pénétrants. En effet, ces derniers
sont alors fortement atténués et la dissymétrie de position des organes dans le
corps (situés en majorité vers l’avant de ce dernier) induit une dose équivalente substantiellement différente d’un organe à l’autre.
Enfin, a contrario, la dose absorbée moyenne à un organe DT peut ne refléter en rien la dose efficace E, voire constituer une source de confusion pour des
personnes non avisées, en particulier dans les contextes de radiothérapie liés au
traitement de cancers et d’incidents ou accidents radiologiques.
En effet, en radiothérapie, la dose moyenne délivrée à l’organe hôte d’une
tumeur, après exposition localisée, n’est absolument pas représentative de la
dose corps entier ; tous les organes ne subissent pas la même exposition, voire
aucune pour certains. Toutefois, en affectant le facteur de pondération wT ad
hoc à l’organe cible, ainsi qu’à ceux situés en périphérie ayant subis une irradiation « collatérale », il est possible d’estimer la dose efficace imputable à cet
acte médical. La dose efficace qui en résulte est en pratique très inférieure, en
valeur absolue, à la dose moyenne délivrée à l’organe cible. Cette distinction
peut être extrapolée aux accidents ou incidents radiologiques : une dose localisée de 10 Gy au niveau de la couche basale de la peau lors d’une exposition
accidentelle n’est absolument pas représentative de la dose corps entier, en
Physique appliquée à l’exposition externe : dosimétrie et radioprotection
Le lecteur remarquera que la somme des facteurs de pondération pour les
tissus wT de chaque organe vaut 1. Pour illustrer une conséquence instantanée
de cette particularité, considérons une personne uniformément exposée sur la
totalité du corps à un rayonnement fortement pénétrant, offrant peu
d’atténuation dans le corps humain. Nous pouvons postuler que chacun des
organes est alors soumis à une même valeur de dose moyenne à l’organe DT.
En outre, si le champ de rayonnement est exclusivement composé de photons,
le facteur de pondération du rayonnement wR vaut 1 et la dose équivalente HT
à chaque organe vaut cette valeur de dose moyenne DT. Finalement, comme la
somme des facteurs de pondération wT est égale à 1, la dose efficace E vaut à
son tour DT. Ainsi, pour un rayonnement fortement pénétrant, dont le wR = 1,
nous pouvons approximer la dose efficace par la dose à l’organe quel que soit
l’organe.
T T
T
T
T
T
T
T
E
w D
D
w
D
≅
=
=
∀
¦
¦
(3.7)
Pour ce cas précis, il y a correspondance directe entre la grandeur physique
et la grandeur sanitaire : 1 gray est sensiblement égal à 1 sievert. En conséquence, dans la pratique, lorsqu’un opérateur effectue une mesure dans un
champ homogène de photons de haute énergie avec un appareil étalonné en
dose absorbée dans les tissus (Gy), il estime de façon assez précise la dose
efficace (Sv).
Ajoutons que l’on associe communément le terme de « dose corps entier » à
la grandeur dose efficace, même si cette appellation n’existe pour l’heure dans
aucun référentiel normatif.
Notons que cette démonstration triviale est totalement erronée pour des
rayonnements dont le wR ≠ 1 ou faiblement pénétrants. En effet, ces derniers
sont alors fortement atténués et la dissymétrie de position des organes dans le
corps (situés en majorité vers l’avant de ce dernier) induit une dose équivalente substantiellement différente d’un organe à l’autre.
Enfin, a contrario, la dose absorbée moyenne à un organe DT peut ne refléter en rien la dose efficace E, voire constituer une source de confusion pour des
personnes non avisées, en particulier dans les contextes de radiothérapie liés au
traitement de cancers et d’incidents ou accidents radiologiques.
En effet, en radiothérapie, la dose moyenne délivrée à l’organe hôte d’une
tumeur, après exposition localisée, n’est absolument pas représentative de la
dose corps entier ; tous les organes ne subissent pas la même exposition, voire
aucune pour certains. Toutefois, en affectant le facteur de pondération wT ad
hoc à l’organe cible, ainsi qu’à ceux situés en périphérie ayant subis une irradiation « collatérale », il est possible d’estimer la dose efficace imputable à cet
acte médical. La dose efficace qui en résulte est en pratique très inférieure, en
valeur absolue, à la dose moyenne délivrée à l’organe cible. Cette distinction
peut être extrapolée aux accidents ou incidents radiologiques : une dose localisée de 10 Gy au niveau de la couche basale de la peau lors d’une exposition
accidentelle n’est absolument pas représentative de la dose corps entier, en
